Elever des poissons dans un étang (grâce aux algues?)

Elever des poissons dans un étang est possible, et vous ajouterez encore plus de productions et d’efficacité avec de l’aquaponie…

L’efficacité ultime de l’aquaculture ou de l’aquaponie, c’est quand on ne doit plus acheter ni même produire de la nourriture pour nourrir ses poissons!

Avec certains poissons herbivores, c’est possible, comme certains tilapias, ou certaines carpes. Donc, oui, élever des poissons grâce aux algues dans un étang, c’est possible!

Geoff Lawton, un permaculteur australien, a déjà montré un exemple d’étang (du type piscine naturelle) avec des filtres aquaponiques et où les poissons sont principalement nourris avec les algues (mais aussi avec d’autres compléments de nourriture),

Dans ce genre d’étang, dans certaines parties de l’étang, on pourrait même stimuler la production d’algues … Là où il y a des algues, il y a aussi du zooplancton. Vous avez donc là tout ce qu’il faut pour déjà nourrir une petite flopée de petits poissons.

En plus,  la boue qui est accumulée au fond de l’étang (anaérobique), peut être ré-utilisée en l’épandant sur le sol du jardin pour servir de fertilisant naturel, pour produire de la nourriture saine.

L’ajout d’étangs et de mares dans votre jardin peut apporter de nombreux avantages et sous-produits intéressants, à nous de les (re-)découvrir!

Et l’idée de pouvoir nager dans un étang propre, ou une piscine naturelle, nettoyés par les poissons, cela me plaît beaucoup! Pas vous? 🙂

Un étang extérieur aquaponique, est-ce possible?

C’est une question qui nous est souvent posée, et oui c’est possible…mais cela dépend du climat!

crapaud dans un etang d'aquaponieDans cette vidéo ci-dessus, les cultures aquaponiques connectées à l’étang ne sont pas protégées car cet exemple  est filmé en Australie.

Ici, en Belgique, d’après mes expériences extérieures d’aquaponie (dans le jardin sans protections), ce n’est pas vraiment intéressant, à moins d’avoir les cultures et les bactéries (substrat et filtres) à l’abri du gel, dans une serre (bioclimatique idéalement!).

Il faut savoir que les bactéries n’aiment pas le froid, et disparaissent si les conditions ne sont pas bonnes. L’action filtrante du substrat risque alors d’être fortement compromise!

Si, en hiver, toutes les bactéries sont mortes à cause du gel, il n’y aura plus de filtration, ou très peu. Si vous n’avez pas beaucoup de poissons, cela peut passer, mais si votre étang est bien peuplé de poissons carnivores voraces (ex: truites) qui produisent des déchets tous les jours, vous risquez quelques complications…

Et la majorité des plantes dans le substrat seront mortes également, car lorsque le

L'aquaponie en hiver sous la neige
Sous la neige, le système tourne toujours mais le substrat et les plantes ne filtrent plus beaucoup, voire plus du tout!

substrat gèle, tout gèle, la plante survit moins bien qu’en pleine terre en période de gel, même la mâche, ou la salade frisée d’hiver. Seuls les poireaux ont résisté ici cet hiver dans mes cultures aquaponique extérieures!

Peut-être que dans le Sud de la France, cela pourrait être possible sans protections, quoique, l’hiver, même au Sud, reste frais et la serre pourrait s’avérer utile, au moins pour la période de l’automne, hiver et printmps.

Mais rien ne vous interdit de d’abord expérimenter dans votre étang déjà existant, en ajoutant à vos filtres actuels (si vous en aviez déjà), un ou plusieurs bacs de cultures aquaponiques, cela fonctionnera très bien en été… et si l’ajout d’une serre s’avère quand même nécessaire chez vous, il sera toujours temps de l’envisager plus tard, à proximité de l’étang…

Voici une  vidéo en anglais, désolé pour ceux qui ne le parlent pas, mais elle est intéressante…

La première personne interviewée à propos de son étang aquaponique nous donne quelques infos pratiques bien utiles…

Il a simplement connecté un bac de culture (ici avec des tuiles en argile recyclées et concassées comme substrat) à un étang…

Le système d’alimentation électrique pour la pompe à eau et la pompe à air sont reliés à une série de batteries qui sont rechargées par des panneaux solaires… Grâce à cela, le système tourne 7j/7 24h/24 gratuitement. Pendant la nuit, il stoppe la pompe un peu plus souvent qu’en journée, pour économiser la charge électrique des batteries.

Entre autres nourritures, il donne des vers de terre provenant de sa lombriculture…Cela ne lui coûte donc presque rien, et en retour, il a de très beaux légumes gratuits et de qualité BIO et de temps en temps quelques poissons!

On peut voir qu’ils placent des grilles métalliques au-dessus des étangs, probablement pour protéger les poissons d’être pêchés par des oiseaux de passage. 🙂

On peut donc simplement ajouter un peu d’aquaponie à n’importe quel étang, cela vous apportera une meilleure filtration grâce aux bactéries et aux plantes.

Et si vous n’avez pas encore d’étang, alors voici encore un excellent prétexte ou un argument de plus pour vous motiver, vous et vos convives, à en construire un bientôt.

 

Une question ou un commentaire? dites-le ci-dessous!

A propos Eric

Un des fondateurs de l'ASBL Perma Locale, permaculteur passionné par toutes les techniques innovantes pour améliorer le quotidien de l'Homme avec moins d'énergies pour de meilleurs résultats, tout en respectant l'Homme, tous les êtres vivants et la planète, parce que tous ensemble, nous ne faisons qu'Un!

23 réflexions au sujet de « Elever des poissons dans un étang (grâce aux algues?) »

  1. Une réponse à un commentaire préalable sur les ryzomes et les conditions,d’hivernage…..mais a quelle température exacte nous pourrions etre sur de l’efficacité des bactéries…sans serre,Mais abrité

    1. Il ne faut pas qu’il gèle et il ne faut pas de brusques changements de températures. L’idéal est une moyenne de 15°C. Les bactéries sont plus actives quand il fait plus chaud.
      Ce seront d’autres types de bactéries pour les basses températures que pour les plus chaudes => éviter les trop brusques changements de t°.

  2. Bonjour,
    Tout d’abord bravo pour votre site !
    J’ai de nombreuses questions quand à la mise en place d’une petite culture hydroponique en dérivation de mon bassin de jardin déjà en place depuis longtemps.
    Je penche plutôt pour un système NFT.

    Est il mieux de prendre l’eau du bassin et de la « filtré » à travers des graviers ou autre avant qu’elle s’écoule dans le système ou est il mieux de prendre l’eau déjà filtré mais stérilisé par UV ? Bien sûr si le système est concluant je débrancherait l’UV.
    Quelle doit être la hauteur d’eau dans les tuyaux ? J’ai déjà vu un peu de tout…

    Je vous ferais un petit article sur sa réalisation bien sûr 🙂

    Merci !

    1. Bonjour Stan, Pour un système NFT, vous devrez absolument filtrer l’eau (enlever particules solides) avant qu’elle n’aille dans les rigoles, où il n’y aura qu’on fond d’eau glissant. Le filtre à UV n’est pas indispensable. Un filtre à boues et un filtre biologique seront nécessaires, vous pouvez les monter vous-même, comme expliqué dans notre formation en ligne.
      En effet, si vous avez des photos, je suis preneur. 🙂

      1. Je crois que nous nous sommes mal compris…
        Le bassin est déjà en place depuis des années et est équipé d’un filtre à UV.
        Par soucis d’économie et d’écologie je vais dérivé l’eau de la pompe qui alimente le filtre, j’ai alors deux options :
        Prendre l’eau avant le filtre, je devrais donc rajouté avant mon système un filtre
        Prendre l’eau après le filtre, plus pratique car l’eau est déjà propre et je n’ai pas d’autre(s) filtre à nettoyer.
        Lequel est le plus efficace pour la culture ? (En mettant l’aspect pratique de côté)

        Pour l’instant tout est à l’état de projet 😉
        Je peut t’envoyer mes photos coup de coeur de lhydroponie si tu veux, prises aux Maldives !

        1. Il te faut de l’eau filtrée absolument avant de rentrer dans tes NFT. Le plus important dans ton cas, c’est le filtre à sédiments, mais un filtre biologique en plus ne peut qu’améliorer le bien-être des poissons et des plantes. Cela répond-il à ta question? tu peux m’envoyer les photos sur infoATaquaponie-pratique.com 🙂 Merci d’avance! 😉

          1. Malheureusement non mais c’est vrai que c’est c’est compliqué à comprendre !
            Je sais qu’un filtre est obligatoire pour les NFT 🙂
            SOIT je prend l’eau (par derivation) AVANT le filtre principal du bassin ET je dois donc en construire un spécifique aux NFT
            SOIT je prend l’eau APRÈS le filtre du bassin (donc à sa sortie, eau pure MAIS stérilisé)
            Ma question est donc : est il mieux d’avoir une eau filtré de manière uniquement mécanique OU une eau filtré de manière mécanique ET biologique ET stérilisé pour alimenter un système NFT ?
            Quelle doit être la hauteur d’eau dans les tuyaux ?

            Je te fais ça après en te remerciant pour tes réponses !

          2. Ok Stan! Pour les filtres, plus il y en a, mieux c’est, mais je parle ici de filtres à sédiments (pour les boues) puis un ou plusieurs filtres biologiques. La stérilisation par UV est pour moi facultative, mais si tu l’as déjà, vas-y, utilise-la, oui les NFT doivent être après tous ces filtres idéalement. Donc moi, je mettrais, si c’est possible, un filtre mécanique + un biofiltre + les UV.

            Concernant la hauteur d’eau, le NFT original, c’est juste un « film » d’eau (< Nutrient Film Technique) de un ou 2 mm. Mais cela dépend de nombreux facteurs différents selon ta configuration... Certains systèmes peuvent permettre de régler le niveau d'eau en fonction de la taille des racines, ou en fonction du support utilisé pour contenir le pied de la plante... Quand la plante est sous forme de germe ou petite pousse, l'eau dans la rigole est ajustée pour qu'elle puisse garder la base de la plantule humide, puis quand les racines poussent, on redescend, jusqu'à un simple film qui coule au fond. Je suis donc désolé de te dire qu'il va falloir expérimenter par toi-même pour tes premiers prototypes et ajuster pour trouver ton système idéal. 🙂

  3. D’accord, cela m’arrange ! J’avais peur que l’eau soit « trop propre ».
    Ok je compte me faire un petit prototype avant de me lancer dans plus grand, je vais surement utiliser la technique du coude pour faire varier cette hauteur.
    Encore une petite question, concernant le debit, l’eau doit passer d’une manière assez lente non ?
    Les photos sont partis 😉

    1. Ok Stan, non, pas de quoi s’inquiéter, il te restera des nitrates pour nourrir les plantes, pas de soucis. Tu devras tester le débit de l’eau dans les tuyaux pour l’ajuster.
      Et désolé, j’avais fait une erreur de frappe dans mon email et je n’ai rien reçu: infoATaquaponie-pratique.com . Bonnes expériences! 🙂

    2. Bonjour. Pour ta technique du coude , comment gère tu le fait qu il faut les coller pour ne pas que ça fuit et du coup tune peux plus les orienter. As tu un autre solution ?

  4. Salut Eric

    Merci de nous communiquer ta passion.
    Je viens de lire avec intérêt ta discussion avec Stan ci-dessus. Je ne comprends pas pourquoi tu insistes sur le fait que l’eau doit être filtrée avant de passer dans les tuyaux du système NFT ? Pq ne peut-on pas pomper l’eau directement dans l’étang ? L’Australien ds la vidéo le fait et on pourrait cultiver sur radeaux directement sur l’étang me semble-t-il.
    Merci pour ta réponse
    Fred

    1. Bonjour Fred,
      Il semble qu’on ne voit pas tout dans la vidéo, et par expérience, je peux confirmer qu’il faut éviter au maximum les dépôts de boues et sédiments sur les racines des plantes (NFT ou tables sur radeaux) et dans le substrat.
      Oui on pourrait cultiver directement sur l’étang, mais pour une bonne production, il faudrait oxygéner l’eau dans laquelle les racines trempent, sinon, elles souffrent et risquent l’asphyxie. 🙂

  5. Très bel article ! Je me posais justement la question de savoir si on pouvait transformer un simple étang en étang aquaponique !

    Je suis à Douala, au Cameroun et je vais tester ça avant la fin de l’année !

      1. Bonjour Eric et Stan,
        Je suis dans la même configuration que Stan : J’ai depuis une trentaine d’années un bassin de plaisance de 9000l avec UV, filtre mécanique par ruissellement et filtre biologique. J’envoie une partie de l’eau dans un petit bac de culture de 1,5 m2 pour y faire de la salade et quelques plantes aromatiques.
        J’ai toujours eu des truites ou saumons de fontaine et à l’heure actuelle il me reste 4 grosses truites (environ 2 kg l’une) et j’ai rajouté cette année une cinquantaine de truitelles.
        J’ai fait mais premières plantations en aquaponie en mars 2015 où j’avais encore quelques truites. Les premières salades étaient superbes, la ciboulette aussi, un peu de persil, mais la roquette, basilic, concombre, radis, épinards, mâche, même pas sortis ou à peine développés.
        J’ai renouvelé les plantations de salades en 2016 et là, rien a poussé. Les plants sont restés à végéter sans se développer.
        Donc, après deux saisons en aquaponie, le résultat est complètement nul.
        Sur deux années d’expérience j’en conclus que le rapport volume d’eau-poissons est primordial pour avoir les déjections et donc nutriments nécessaires (on en parle pas assez), ou alors rajouter des compléments mais là, autant revenir à la culture traditionnelle biologique beaucoup plus simple.
        DZ

        1. Oui DZ, merci pour ta remarque, en effet, il faut veiller au bon rapport poids des poissons/volume d’eau/nombre de plantes/m2, ou alors ajouter des compléments naturels tels que poudre d’os, poudre de sang (attention au dosage léger), algues fertilisantes,etc pour les cultures, sans gêner les poissons. Et je ne sais pas où tu habites, mais les plantes aquaponiques à l’extérieur (sans serre) ont souvent plus froid la nuit que celles en serre, ce qui les ralentit. 🙂

  6. Eric bonjour,
    Tout d’abord Grand Merci, pour vos conseils et votre aide !
    Comme vous le savez, suis en Afrique et particulièrement au Mali et en Côte d’Ivoire. Votre message comme quoi, l’aquaponie est possible dans des étangs m’intéresse beaucoup. Aussi bien au Mali, quand Côte d’Ivoire, on ne rencontre pas de problème de « gel », et les gens que j’ai rencontré, bien souvent on déjà des « étangs », et des surfaces de terre variable, 1 à 5 hectares, et veulent exploiter ces espaces au mieux.
    Une personne a sur ses 2 hectares a déjà réalisé des bassins pour faire de la pisciculture, dont un est a été cimenté avec des pierres plates (fond et cotés), un deuxième cas, j’ai deux grands bassins et 3 petits « cimentés » sur X hectares.
    Je voudrai savoir, si ces bassins « cimentés » peuvent être utilisés tel quel, ou dois-je prévoir le recouvrement des surfaces « cimentées » par des bâches et une peinture « piscine » pour isoler l’eau du contact du ciment ?

    1. Bonjour Aimé,
      Oui, il faut tester pour voir si les cuves ne provoquent pas un pH trop élevé (au-dessus de 7), sinon il faudra envisager une bâche ou alternative.

  7. Bonjour Eric,
    Bravo pour tes conseils judicieux et la qualité de tes réponses. J’habite au Burkina Faso, mon pseudo est Burkiponie et je voudrais te poser une question : j’ai construit un biofiltre cimenté et un bac récupérateur cimenté et je souhaiterais que tu mes dise si je prends un risque au niveau du Ph avec de telles constructions. Mon biofiltre fait 6m3 et mon bac de récupération 1.5m3.
    Merci pour ta réponse

    1. Bonjour Burkiponie,
      Oui, ton ph risque d’être stabilisé et ne descendra pas correctement avec de grosses cuves en béton. Il faudra alors plutôt jouer avec des poudres d’os/cornes, purins et algues pour complémenter le système plutôt qu’avec des produits qui font remonter le pH comme le (bi-)carbonate de potassium et la chaux.

      1. Si je comprends bien ton conseil, je vais devoir calciner des os ou des cornes, les réduire en poudre et les introduire dans mes bassins à poissons pour faire descendre mon Ph. Est-ce bien cela ?

        1. Non, la poudre de corne ou d’os se vend en sacs pour l’agriculture…et cette poudre servira à apporter calcium et potassium à ton système.

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