Le siphon-cloche automatique en aquaponie

Nous avons déjà parlé du principe de fonctionnement du siphon-cloche sur cette page.

Le siphon-cloche automatique permet d’avoir un remplissage et un drainage automatique dans vos bacs de cultures avec substrat (gravier, billes d’argile expansée).
Cela permet donc d’assurer une excellente filtration de votre eau grâce à ses nombreux passages dans le substrat, substrat qui sera aussi parfaitement oxygéné avec la rapide descente du niveau de l’eau lorsque le siphon-cloche s’enclenche.

Maintenant, parlons de comment le fabriquer…
Ce n’est pas sorcier, mais cela demande tout de même pas mal de travail de préparation…

Description des pièces pour un siphon-cloche

Tout est noté sur le dessin.

Schéma descriptif du siphon-cloche

passe-paroi PVC pressionTout d’abord, il y a le « passe-cloison » qui va permettre à l’eau de traverser la paroi du bac de culture de manière bien hermétique.
Pour cela, vous pouvez utiliser un « passe-paroi » appelé aussi « passe-cloison » en PVC (photo ci-contre) qui conviendra mieux si la paroi de votre fond de bac est rigide et plate.

Si le fond de votre bac de culture est arrondi, alors vous devrez certainement penser à utiliser un joint Uniseal en caoutchouc.

Ensuite, le « tuyau vertical«  va venir s’emboîter dans le dessus du passe-cloison en PVC ou à travers le joint Uniseal…(voir comment placer un joint Uniseal ici)

Sur ce tuyau vertical, on peut ajouter une réduction pour élargir le dessus, ce qui aura pour effet d’aider à créer le mini-vortex d’eau qui enclenchera plus rapidement le siphon-cloche et son évacuation rapide d’eau.
Ce réducteur est facultatif, le siphon-cloche peut fonctionner sans, s’il est bien configuré.

Autour du tuyau vertical, on va poser la « cloche« , composé d’un tuyau avec un bouchon bien hermétique, ce qui important pour le bon fonctionnement du siphon-cloche.

Puis, autour de tout cela, il y a le « protège-substrat«  qui permet d’empêcher le substrat de venir dans le système du siphon. Le protège-substrat est une pièce indispensable pour s’éviter des complications!

Ce dont vous avez besoin pour fabriquer un siphon-cloche

En plus du passe-cloison, du réducteur et du bouchon pour la « cloche », il vous faut plusieurs tuyaux de diamètres différents:

  • le tube vertical: son diamètre doit être plus grand ou égal à celui de l’arrivée de l’eau dans le bac de culture.  Le haut du tube vertical (réducteur compris si vous en utilisez un) doit correspondre au niveau maximum de l’eau dans votre système (3 à 6 cm en-dessous de la surface du substrat)
  • la cloche: le diamètre du tuyau doit être au moins 2 fois plus large que le diamètre du tuyau vertical mais pas trop non plus. On y ajoute parfois un petit tuyau de désamorçage qui permettra d’arrêter le fonctionnement du siphon dans tous les cas, mais s’il est bien proportionné, vous n’aurez pas forcément besoin de cette durite.
    La cloche doit avoir des trous assez grands à sa base pour supporter le flux d’eau nécessaire lorsque le siphon est enclenché.
  • le protège-substrat: il est composé d’un bout de tuyau percé ou rainuré (pour laisser passer l’eau). Le diamètre de ce tuyau devra être assez large pour pouvoir sortir facilement la « cloche ».
  • La partie inférieure sera composée d’un bout de tuyau du même diamètre que le tuyau vertical et il sera emboîté dans le dessous du passe-cloison.
    A ce tuyau, un premier coude de 90°est nécessaire, sur lequel on peut rajouter un tuyau horizontal jusqu’à l’endroit où l’eau sera évacuée (réservoir ou bassin de poisson). Un dernier coude de 45° ou 90° peut encore être ajouté au bout de ce tuyau horizontal, et en l’orientant différemment, vous pourrez influer sur le fonctionnement du siphon-cloche et l’ajuster.

Un exemple de siphon-cloche

siphon-cloche-aquaponie-01

Voici l’exemple du modèle de siphon-cloche que nous vendons dans notre boutique.

Il est adapté pour des bassins d’une profondeur de 30 cm, et d’un volume max de 250-300 L d’eau maximum.

Tous ses composants sont en plastique utilisable pour l’alimentaire.

Voici une vidéo pour vous en expliquer le fonctionnement et comment l’installer avec de nombreux détails intéressants:

Le tuyau vertical a un diamètre de 25mm, dessus est placé un réducteur de 25-40 mm ou 25-50mm .

La cloche est un tuyau de 63mm ou 80mm.
Il est muni d’un capuchon hermétique sur le dessus.
Au bas, des trous sont uniformément disposés pour ne pas déséquilibrer la cloche quand elle est posée sur le fond et pour laisser passer assez lors de l’enclenchement du siphon.

Le protège-susbstrat est un tuyau de 110 mm et est muni de fentes pour laisser passer l’eau mais pas le substrat.

Pour la partie inférieure, la longueur des tuyaux peut varier en fonction de la configuration de votre système…
Dans un souci de facilité pour la livraison, nous donnons 2 morceaux de tuyau de 25mm d’une longueur de 50cm (2×50 cm).
Si vous avez besoin d’autres dimensions, vous pouvez nous le signaler avant votre achat, ou alors vous trouverez vous-même la longueur de tuyau nécessaire près de chez vous. Il vous suffira de le couper à la bonne dimension pour votre système.

La fabrication du siphon-cloche

La fabrication de ce siphon-cloche demande du temps et de l’argent… On peut bricoler quelque chose de rapide, mais autant le faire bien directement quand c’est possible pour que ce soit durable. Mais pour arriver à créer un bon et beau siphon-cloche bien fini, il faut aussi avoir des machines adéquates et professionnelles…

Il faut aussi beaucoup de tuyaux parce que le plus souvent, ce genre de tuyaux ne s’achètent que par tronçons de 2 m minimum.

Au tout début de nos activités avec l’aquaponie, nous avons voulu aider nos membres, et cela surtout pour leur éviter de nombreuses complications, nous avions mis au point ce siphon-cloche de manière à ce qu’il soit simple, solide et efficace.
Et cela a très bien fonctionné, nous n’avons eu que des retours positifs depuis que nous en proposons.

Des alternatives au siphon-cloche

Il y a des alternatives au siphon-cloche.
C’est d’ailleurs tout un débat entre aquaponistes pour l’utilisation ou pas du siphon-cloche automatique.

Par exemple, on peut utiliser un système d’évacuation plus simple, avec un simple tuyau vertical percé avec 2-3 petits trous, et le bac de substrat sera alors rempli par intermittence, à chaque fois que la pompe s’enclenchera grâce à un programmateur électronique.

Quand l’eau du bac de culture a atteint le niveau maximal autorisé, alors la pompe est programmée pour s’arrêter, et l’eau s’écoule alors doucement à travers les petits trous percés dans le tuyau vertical.

Le risque lorsque vous utilisez un programmateur électronique, c’est que certaines pompes ne supportent vraiment pas bien les allumages et arrêts fréquents, et elles pourraient s’abîmer et finir par vite tomber en panne.
Ceci dit, cela dépend des pompes. Certaines le supportent très très bien, et d’autres pas du tout.

J’ai rencontré un professionnel de l’aquaponie qui avait de grandes installations, et qui avait tout configuré avec le système avec programmateur électrique, parce que, pour lui, surtout à grande échelle, les siphons-cloche peuvent devenir une source de problèmes.

En effet, pour que les siphons-cloche s’enclenchent bien, il faut leur apporter un flux d’eau constant permanent, et plus il y a de lits de cultures, plus cela se complique…

Moi, personnellement, je n’ai aucune préférence pour un système familial, à condition que la pompe supporte la programmation du minuteur. Et l’effet est identique pour la qualité du remplissage-drainage des bacs de culture

Peut-être qu’avec un siphon-cloche, l’air est un peu mieux « aspiré » à travers le substrat vu que l’eau va s’écouler beaucoup plus vite dans le siphon, mais ça reste une hypothèse non confirmée.

On peut aussi éviter l’utilisation de siphon-cloche avec le principe de cultures avec flux d’eau continu, et cette méthode moins courante parce que moins connue est expliquée en détails dans une leçon de notre espace membre privé.

Conclusion sur le siphon-cloche automatique

Si vous voulez vraiment tout comprendre pour pouvoir configurer vos propre siphons-cloche « maison » et les ajuster au mieux, nous avons aussi mis à la disposition de nos membres de la formation en ligne un ebook de 47 pages sur le sujet avec toutes les explications détaillées.

Si vous ne voulez pas vous embêter avec la fabrication du siphon-cloche, vous avez le choix maintenant… Soit vous le fabriquez vous-même, soit vous préférez une solution toute faite en commandant le nôtre dans notre boutique, qui est déjà bien conçu et prêt à l’emploi, avec des matières plastiques prévues pour un usage d’eau alimentaire.

Si vous vous lancez tout de même dans sa fabrication, je vous souhaite beaucoup d’amusement!
Je vous dis cela car vous pouvez le voir comme un jeu, et surtout, restez patient si cela ne fonctionne pas du premier coup, il faudra parfois ajuster, mais avec les infos proposées dans cet article, si vous ne comptez pas vos heures, vous y arriverez!

Une question? Une remarque à ajouter ou un commentaire? Profitez-en ci-dessous! 🙂

11 réflexions au sujet de « Le siphon-cloche automatique en aquaponie »

  1. Bonjour, votre lettre est arrivée au bon moment. J’ai un terrain de 2 hectares et un autre de 4 hectares et un troisième de 4 hectares … J’ai demandé le financement de la banque, mais elle a refusé, les conseillers de la banque voulait que je fasse l’agriculture classique parce qu’il y a des programmes pour ca, mais l’agriculture aquaponique, il me posait la question : C’est quoi ca ? Il a demandé à son ami agronome qui l’a conseillé que l’agriculture aquaponique n’est pas sérieuse, c’est une histoire qui fonctionne en Occident mais pas en Tunisie … Alors le banquier a peur, il me l’a dit avec toute franchise… Il me finance si je veux faire l’élevage de vache ou de moutons ou de chèvres … Voilà mon vrai problème : L’Ignorance !

    Mais je vais commencer à une petite échelle et j’ai besoin de vos conseils … Je vais dédier ma ferme comme ferme pilote éducative à l’agriculture aquaponique … J’ai décidé … Je vais commencé avec un hectare ou deux hectares …

  2. Bonjour à tous,
    Je me suis lancé, j’ai récupéré des cuve IBC dans une fromagerie. J’ai déjà construit 4 bacopotagers il me reste à faire 4 bacs aquaponie. Après beaucoup de recherche j’ai trouvé un fournisseur dans ma région de Dijon pour les tuyauteries, les vannes et passe-paroies. Il s’agit de la Société PUM PLASTIQUE. J’ai commencé mes semis il y a deux jours avec un cable chauffant et une lampe « Horticole » pour éviter que les semis filent. J’ai trouvé une serre de 18 m² qui va pouvoir acceuillir l’ensemble pour 180€ elle va servir de base à l’expérimentation si j’arrive à maitriser et que l’essai est concluant pour cette année, je ferai une serre en dure dite passive. Je ferai un bassin ensuite avec des carpes Amour. J’ai trouvé sur le net un vendeur par correspondance, de mémoire 120€ les 10 carpes. Je ne me risquerai pas pour l’instant à élever des truites, car l’été il peut vraiment faire très chaud. J’étudie un système économique pour refroidir l’eau pour pouvoir élever des truites. Tout cela est bien ambitieux, mais les précieux conseils relevés dans la formation sont très utiles. J’ai relu et relu plusieurs fois, car la formation est très riche. Je vous invite à vous y abonner, vous gagnerez du temps et de l’assurance.
    Tout cela demande du temps pour la préparation, il ne faut pas se précipiter, il faut chercher et avoir de la réflexion sur son projet.

    1. Merci André pour ces retours d’expérience avec l’aquaponie et notre formation complète! 🙂
      En effet, un projet d’aquaponie se prépare longtemps à l’avance, et une fois lancé, on découvre toujours un peu plus, et on peut donc toujours continuer à améliorer! 🙂

      1. Merci Eric pour vos encouragements ainsi que votre disponibilité.
        Pour ma part, je suis vraiment intéressé à l’idée de produire moi même les légumes.
        J’en suis au stade d’acquisition du matériel comme pompe et autres.
        Chez nous en RDC au Katanga nous n’avons que deux saisons, la sèche et celle de pluie qui tend à sa fin.
        durant la saison sèche il fait froid surtout la nuit, les température tombent parfois jusqu’à 12°. Vos conseils me seront utiles car le démarrage est pour bientôt. Merci
        André

        1. Oui Bonjour André,
          il faudra veiller à éviter le écarts de t° au maximum.
          Idéalement maximum 2° d’écart entre le jour et la nuit pour certains poissons, mais ils supportent parfois un peu plus.
          C’est pour cette raison qu’il faut vraiment placer votre bassin au meilleur endroit, le plus frais, le plus sombre et à l’abri du soleil, et plus son volume sera grand et profond, mieux ce sera, surtout en RDC. 🙂

    1. Le cycle de l’azote n’est lancé qu’une seule fois, au tout début de votre système, jusqu’à ce qu’il soit interrompu. S’il est dans une serre bien protégée, il pourra continuer ainsi sans devoir relancer tout.
      Par contre, si vous interrompez le système aquaponique (pour l’hiver par exemple en extérieur), alors il vous faudra relancer le cycle de l’azote une nouvelle fois pour redémarrer au printemps.

  3. Bjr
    oui je suis tjr enthousiasmé par ce projet,j’ai un aquarium et une petite caisse et les billes d’argile et une pompe,et je viens d’acquerire un passe parois avec un peu de retard a trouver.
    donc bientot je vais commencer le montage,mais le siphon cloche ???? car j’ai juste un tube filté a installer et j’aurai peut etre besoin d’aide pour la cloche et protege support, donc voila tout. merci

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *