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Elever des poissons dans un étang (grâce aux algues?)

Elever des poissons dans un étang est possible, et vous ajouterez encore plus de productions et d’efficacité avec de l’aquaponie…

L’efficacité ultime de l’aquaculture ou de l’aquaponie, c’est quand on ne doit plus acheter ni même produire de la nourriture pour nourrir ses poissons!

Avec certains poissons herbivores, c’est possible, comme certains tilapias, ou certaines carpes. Donc, oui, élever des poissons grâce aux algues dans un étang, c’est possible!

Geoff Lawton, un permaculteur australien, a déjà montré un exemple d’étang (du type piscine naturelle) avec des filtres aquaponiques et où les poissons sont principalement nourris avec les algues (mais aussi avec d’autres compléments de nourriture),

Dans ce genre d’étang, dans certaines parties de l’étang, on pourrait même stimuler la production d’algues … Là où il y a des algues, il y a aussi du zooplancton. Vous avez donc là tout ce qu’il faut pour déjà nourrir une petite flopée de petits poissons.

En plus,  la boue qui est accumulée au fond de l’étang (anaérobique), peut être ré-utilisée en l’épandant sur le sol du jardin pour servir de fertilisant naturel, pour produire de la nourriture saine.

L’ajout d’étangs et de mares dans votre jardin peut apporter de nombreux avantages et sous-produits intéressants, à nous de les (re-)découvrir!

Et l’idée de pouvoir nager dans un étang propre, ou une piscine naturelle, nettoyés par les poissons, cela me plaît beaucoup! Pas vous? 🙂

Un étang extérieur aquaponique, est-ce possible?

C’est une question qui nous est souvent posée, et oui c’est possible…mais cela dépend du climat!

crapaud dans un etang d'aquaponieDans cette vidéo ci-dessus, les cultures aquaponiques connectées à l’étang ne sont pas protégées car cet exemple  est filmé en Australie.

Ici, en Belgique, d’après mes expériences extérieures d’aquaponie (dans le jardin sans protections), ce n’est pas vraiment intéressant, à moins d’avoir les cultures et les bactéries (substrat et filtres) à l’abri du gel, dans une serre (bioclimatique idéalement!).

Il faut savoir que les bactéries n’aiment pas le froid, et disparaissent si les conditions ne sont pas bonnes. L’action filtrante du substrat risque alors d’être fortement compromise!

Si, en hiver, toutes les bactéries sont mortes à cause du gel, il n’y aura plus de filtration, ou très peu. Si vous n’avez pas beaucoup de poissons, cela peut passer, mais si votre étang est bien peuplé de poissons carnivores voraces (ex: truites) qui produisent des déchets tous les jours, vous risquez quelques complications…

Et la majorité des plantes dans le substrat seront mortes également, car lorsque le

L'aquaponie en hiver sous la neige
Sous la neige, le système tourne toujours mais le substrat et les plantes ne filtrent plus beaucoup, voire plus du tout!

substrat gèle, tout gèle, la plante survit moins bien qu’en pleine terre en période de gel, même la mâche, ou la salade frisée d’hiver. Seuls les poireaux ont résisté ici cet hiver dans mes cultures aquaponique extérieures!

Peut-être que dans le Sud de la France, cela pourrait être possible sans protections, quoique, l’hiver, même au Sud, reste frais et la serre pourrait s’avérer utile, au moins pour la période de l’automne, hiver et printmps.

Mais rien ne vous interdit de d’abord expérimenter dans votre étang déjà existant, en ajoutant à vos filtres actuels (si vous en aviez déjà), un ou plusieurs bacs de cultures aquaponiques, cela fonctionnera très bien en été… et si l’ajout d’une serre s’avère quand même nécessaire chez vous, il sera toujours temps de l’envisager plus tard, à proximité de l’étang…

Voici une  vidéo en anglais, désolé pour ceux qui ne le parlent pas, mais elle est intéressante…

La première personne interviewée à propos de son étang aquaponique nous donne quelques infos pratiques bien utiles…

Il a simplement connecté un bac de culture (ici avec des tuiles en argile recyclées et concassées comme substrat) à un étang…

Le système d’alimentation électrique pour la pompe à eau et la pompe à air sont reliés à une série de batteries qui sont rechargées par des panneaux solaires… Grâce à cela, le système tourne 7j/7 24h/24 gratuitement. Pendant la nuit, il stoppe la pompe un peu plus souvent qu’en journée, pour économiser la charge électrique des batteries.

Entre autres nourritures, il donne des vers de terre provenant de sa lombriculture…Cela ne lui coûte donc presque rien, et en retour, il a de très beaux légumes gratuits et de qualité BIO et de temps en temps quelques poissons!

On peut voir qu’ils placent des grilles métalliques au-dessus des étangs, probablement pour protéger les poissons d’être pêchés par des oiseaux de passage. 🙂

On peut donc simplement ajouter un peu d’aquaponie à n’importe quel étang, cela vous apportera une meilleure filtration grâce aux bactéries et aux plantes.

Et si vous n’avez pas encore d’étang, alors voici encore un excellent prétexte ou un argument de plus pour vous motiver, vous et vos convives, à en construire un bientôt.

 

Une question ou un commentaire? dites-le ci-dessous!

L’aquaponie, une réelle solution d’avenir

L’aquaponie, c’est une réelle solution d’avenir, et même un remède contre la crise!

C’est ce que dit Agnès Joly, ingénieur agro-alimentaire, dans cette vidéo.

Nous avons en effet pris un peu de retard dans l’aquaponie ici en Europe et en francophonie en général, mais c’est pour cela que nous sommes là, moi ici en train de vous préparer les meilleurs outils pour apprendre et expérimenter l’aquaponie, et vous qui me lisez et qui vous intéressez au sujet de plus près…

Faire de l’aquaponie prend tout son sens rien que pour nous assurer notre sécurité alimentaire… et pouvoir produire des produits sains, locaux et frais!

Production locale avec l'aquaponieActuellement, comme le souligne cette personne interviewée, si, pour une raison ou une autre, un arrêt  de l’approvisionnement des villes en nourriture était bloqué, nous avons entre 3 et 4 jours, et puis il n’y aura plus rien!

C’est aussi une des raisons qui me fait penser qu’il est temps que nous pensions tous à auto-produire un maximum de notre nourriture localement, lorsque c’est possible.

Tout est importé actuellement, environ 7 poissons sur 10! Et la majorité de nos fruits et légumes également!

Si nous n’opérons pas certains changements radicaux dans notre façon de combler nos besoins alimentaires, manger risque de devenir toujours plus cher, et manger sain pourrait même devenir hors de prix pour la plupart!

Que voulons-nous? Je vous le demande…

Si vous n’avez pas de terres pour cultiver, mais quand même un peu d’espace, il y a des solutions…

L’aquaponie permet de produire plus, plus facilement et sur des surfaces non cultivables…
Cependant, dans les contrées froides, une serre sera souvent indispensable pour une meilleure production, des préparations, réflexions et une certaine mise en place seront donc nécessaires…

Etes-vous prêt(e) pour opérer ce changement près de chez vous? Dites-le dans les commentaires!

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Introduction à l’Aquaculture 3: Les Poissons

Cette vidéo est la suite de mon introduction à l’aquaculture avec la permaculture.

Tableau-poissons-aquacultureVous pouvez retrouver la première partie d’introduction ici, et la deuxième à propos de la faune et la flore ici.

Vous pouvez cliquer sur l’image ci-contre pour l’agrandir.

 

 

 

Les poissons en aquaculture

Les poissons d’eau douce sont les plus couramment utilisés dans dans ces systèmes naturels.

En comparaison avec l’aquaponie, un plan d’aquaculture naturelle pourra héberger de plus gros poissons mais en moins grand nombre, et aussi plusieurs espèces pourront cohabiter.

Un étang naturel tel que j’en parle ici sera bien entendu beaucoup moins artificiel qu’un système aquaponique, et l’équilibre à atteindre le plus naturellement possible sera forcément encore plus fin et complexe.

L’aquaponie, plus artificielle, certes, sera toujours beaucoup plus simple d’entretien qu’un étang « naturel » où l’équilibre est et devra être maintenu pour et par les différentes plantes et multiples animaux, êtres vivants et micro-organismes qui y vivent.

Mise en garde pour vos projets d’aquaculture

Comme je le souligne dans la vidéo, un projet d’aquaculture devra être bien réfléchi, cela ne s’improvise pas.

L’aquaculture ne s’improvise pas.

L’idéal est aussi alors d’intégrer ce projet dans un « design » de permaculture, pour bien étudier le projet avant de vous lancer dans de grands travaux longs et coûteux.

Un « design » permaculturel, c’est comme un « dessin », ou un « dessein », sur le plan du lieu.

Un « design » de permaculture, c’est une étape indispensable pour préparer au mieux un projet de vie, pour que tous les habitants de ce lieu puissent vivre en harmonie ensemble avec la nature, tout en comblant leurs besoins avec les ressources et les productions du lieu.

Pas de déchets. Peu ou pas d’intrants. Une optimisation énergétique maximale, c’est possible mais ça se prépare!

Le « design« , c’est tout simplement le plan d’action pour la conception d’une abondance naturelle qui peut être mise en place dans tous les climats.

Un design judicieusement préparé va permettre d’augmenter le nombre de connexions et d’interactions entre tous les éléments du lieu pour un maximum d’efficacité et de fertilité.

Si vous ne connaissez pas encore cette technique du « design« , qui est le coeur d’action de la permaculture, il est temps de vous y intéresser. C’est le chemin le plus court pour atteindre vos buts.

Si vous voulez que votre design soit parfaitement adapté, l’idéal sera un design réfléchi et étudié avec ceux qui vont y vivre.

Donc l’idéal est donc de déjà commencer à vous former en suivant une formation de design global en permaculture…puis vous pourrez correctement réfléchir à votre projet avec ces nouvelles connaissances, mais vous devrez aussi demander conseil à d’autres plus expérimentés avant de passer à l’action.

Ceci étant dit, je dois encore ajouter une dernière info importante.

J’ai créé cette série à propos de l’aquaculture pour vous donner une vision plus large des potentialités avec l’eau, l’élevage de poissons et les productions végétales adaptées.

Je vous transmets ici une information à propos d’aquaculture plus vaste qui m’a été transmise mais que je n’ai pas encore pu expérimenter moi-même, mais c’est un sujet tellement passionnant que je suis certain que ce sujet plaira à de nombreuses personnes. Et plus nombreux nous serons à y réfléchir et à expérimenter, mieux ce sera. 😉

Si vous êtes intéressé(e), vous devrez encore creuser un peu plus tout cela par vous-même mais restons en contact via la newsletter car j’aimerais bien encore continuer de partager d’autres informations complémentaires plus tard…

Mais que ce soit pour l’emplacement de l’étang, sa construction (terrassements, digues, etc), et pour créer et maintenir un équilibre naturel, il y a encore beaucoup à apprendre et de nombreux sujets à réfléchir avant de se lancer!

Moi-même, j’ai un projet d’étang, mais il est préférable d’être patient pour ne pas faire de grosses erreurs difficiles ou coûteuses à corriger! Je prépare donc cela longuement à l’avance…

Déposez vos commentaires ou questions ci-dessous svp!

 

La viabilité économique d’un système aquaponique commercial

C’est un sujet qui me tient à coeur car c’est un grand débat personnel depuis longtemps.

Ai-je vraiment envie de devenir un maraîcher « bio » à temps plein?

Que ce soit avec l’aquaponie, ou du maraîchage, les mêmes difficultés font surface pour développer une entreprise rentable.

Peut-être que vous aussi, vous vous êtes déjà demandé si cela pouvait devenir un métier d’avenir… Oui, c’est peut-être possible, mais cela dépend comment…

Dans la théorie, oui, j’aimerais bien pouvoir offrir ce service, mais il faut aussi prendre en compte toutes les contraintes et complications potentielles liées à ce type d’activité avant de se lancer.

Un système aquaponique commercial serait-il viable économiquement?

Dans cet article, j’ai mis tous les arguments qui me paraissent importants, comme si je réfléchissais pour mon propre projet éventuel de me lancer dans une installation aquaponique commerciale.

N’étant pas du métier particulièrement, ou fils de producteur, ni aucune formation spécialisée en maraîchage, je ne suis pas non plus certain d’avoir toutes les cordes nécessaires à mon arc pour réussir à en faire une activité rentable, surtout quand on voit les prix offerts aux producteurs en général!

Nous allons voir ensemble quelques faits qu’il faut prendre en compte avant de s’investir dans une carrière aquaponique…

La niche de marché doit être locale!

Vu les coûts de transports, il est impératif de pouvoir trouver un marché local pour écouler ses produits.
Or, même sur le marché local, la compétition est rude.

Les petits producteurs locaux se retrouvent souvent face à de gros producteurs, qui arrivent à produire beaucoup en vendant pas cher, pas assez cher pour qu’un petit producteur gagne vraiment sa vie! Et l’argument le plus fort dans ce domaine, c’est souvent le prix! 🙁

Même si vous ajoutez l’argument de valeur que ce sont des produits naturels, durables et locaux, il faudra convaincre les consommateurs de payer le prix, peut-être légèrement supérieur aux produits du marché conventionnel.

Il faut donc chercher à savoir si le consommateur final sera prêt à consacrer un peu plus de budget pour nos produits d’une qualité supérieure.

Et si on trouve un public d’acheteurs potentiels locaux intéressés par nos produits, encore faut-il savoir combien!
Y aura-t-il assez de tels consommateurs locaux pour que notre business soit rentable?

Et si on veut vendre plus que ce qu’il est possible d’écouler sur le marché local (qui est forcément limité), il faudra alors produire beaucoup plus et vendre beaucoup moins cher, ce qui devient plus risqué au niveau rentabilité et coûts d’investissements.

Si nous désirons vendre à plus grande échelle, cela peut paraître plus simple vu qu’on ne vendra nos récoltes qu’aux distributeurs, mais alors ces multiples distributeurs intermédiaires (entre le producteur et le client final) prendront forcément une plus grosse partie de vos bénéfices.

L’idéal serait donc de se concentrer sur le développement de réseaux locaux de distribution directe, à des consommateurs conscientisés…

Un système aquaponique commercial financé par une sorte d’AMAP

Il est possible d’écouler ses produits à travers des vendeurs ambulants (marchés) de produits bio/locaux, ou encore via les Groupes d’Achats Communs (GAC) ou AMAP (voir plus bas).

Si on peut s’arranger avec de tels groupements citoyens, directement du producteur au consommateur, cela peut également s’avérer intéressant.

Une autre solution consisterait en un réseau comme les AMAP en France (= Associations pour le Maintien de l’Agriculture Paysanne) ou les Groupes d’achats solidaires de l’agriculture paysanne en Belgique (GASAP.be)!

Cela consisterait donc à créer un groupe de consommateurs solidaires à l’année, qui, suivant leur participation, obtiendraient des parts de la récolte qu’ils pourraient recevoir chaque semaine, suivant la production, végétaux et poissons compris.
Les consommateurs d’un tel réseau de solidarité pourraient aussi exprimer leurs besoins et leurs préférences avant de planifier chaque année de plantations.

Et la niche des restaurants pour vendre les produits issus de l’aquaponie?

Niche des restaurants pour les produits aquaponiquesEn effet, les cuisiniers encore soucieux de la qualité de leurs produits sont intéressés par des produits frais.
Ils aiment l’idée que leurs produits ont été faits rien que pour eux, d’une certaine manière, et ils peuvent s’en vanter au client.

Salades diverses, herbes et aromatiques, connues ou plus originales, et d’une fraîcheur inégalable, fraîchement coupées quelques heures seulement avant de finir dans l’assiette du client…
Ce sont des arguments qu’ils aiment bien. L’argument « local » est un plus qu’ils peuvent ajouter dans l' »histoire » qu’ils raconteront à leurs clients concernant l’origine des produits dans l’assiette.

Il est donc possible de trouver un certain nombre de restaurateurs intéressés par vos produits car conscients de leur valeur, mais encore faut-il arriver à les servir régulièrement, et ce avec assez de quantités, tout en restant bien entendu dans des zones de prix raisonnables, sinon ils retourneront vite à leurs fournisseurs habituels parce que plus réguliers et plus fiables, et peut-être moins chers aussi!

On pourrait aussi envisager de s’adapter complètement aux besoins d’un ou plusieurs restaurateurs et ne produire que pour eux, si une proche collaboration était possible.

La production de poisson aquaponique peut-elle donc être rentable?

Comme on peut le voir, comme tout type de maraîchage, la rentabilité par rapport à l’investissement de départ n’est pas garantie d’avance, ou en tous les cas, pas forcément et pas n’importe comment!
C’est possible, mais il faut certainement bien s’y prendre…

Tout d’abord, il faut trouver un type de poisson qui se vendra bien car apprécié culinairement.
Le poisson en aquaponiePlus communément dans nos climats du nord de l’Europe, ce sera de la truite.

La truite est tout d’abord un poisson qui demande des conditions optimales, donc le système doit être parfaitement équilibré.

En plus, de l’alevin à la truite de minimum 25 cm prête à être consommée, cela peut prendre 2 ans, peut-être plus, suivant les conditions.
On peut bien entendu acheter de la truitelle en pisciculture et ainsi déjà gagner du temps avant la récolte, mais ce ne sera plus totalement « bio », à moins de trouver une pisciculture biologique près de chez vous!

Aquaponie et carpes KoïOn peut revendre de grosses carpes koï, assez simple pour l’élevage, mais en grosses quantités, ce n’est certainement pas facile à vendre.

On peut aussi imaginer d’élever du poisson plus rare comme du tilapia, ou des perches du Nil, ou autre poisson exotique, mais cela devient alors difficile d’avoir un retour sur l’investissement nécessaire pour maintenir l’eau à bonne température dans les climats tempérés froids.

En plus, les prix du marché sont souvent vus à la baisse pour les producteurs…à moins de vendre vos poissons avec leur histoire « locale« , dans des circuits très courts, directement à des consommateurs ou à des restaurateurs.

Un autre facteur important est de savoir comment vendre le poisson.

Vidé, emballé? Pas vidé dans la glace? Vivant?

Pour pouvoir transformer le poisson en produit « consommable », il y a de nombreuses normes à respecter. Il faut par exemple un local hygiènisé et contrôlé… (=> Se renseigner auprès des organismes officiels concernés dans votre pays).

Ou alors, vendre les poissons vivants serait peut-être le plus simple…directement aux particuliers ou alors aux restaurants.
Les restaurants pourraient attraper leurs truites dans un grand aquarium juste avant de les cuisiner, devant les clients! Pourquoi pas?

Produire des légumes « hors saison »

Il y a un gros marché pour les végétaux produits à des saisons décalées.

Le marché local est souvent saturé en pleine saison: tellement saturé qu’il devient parfois difficile de vendre ses produits à un prix décent… puis quand la saison est passée, il n’y a plus rien provenant du marché local, tout est alors importé et à des prix très élevés pour le consommateur final.

Si la conception de votre lieu de production aquaponique commercial est bien conçu énergétiquement (serre bio-climatique, isolation, inertie, puits canadien…) et que vous pouvez vous permettre de chauffer à moindre coût pour maintenir une production, même pendant tout l’hiver, cela peut devenir intéressant.

Des fraises belges de qualité « Bio » au mois de décembre, cela peut bien se vendre sur le marché local, même si ce sont des habitudes qui devraient être petit abandonnées, mais il s’agit ici d’un exemple, mais j’aurais très bien pu prendre les tomates en début d’hiver, ou les laitues en plein été.

Les fausses idées qui pourraient nuire à la vente de produits issus de l’aquaponie

Nombreuses sont les personnes qui cherchent des produits de qualité biologique, mais sont-ils tous prêts à manger nos produits issus de l’aquaponie, cultivés hors-sol?

Un sérieux coup de marketing sera nécessaire pour faire oublier cette fâcheuse habitude, pour le néophyte, de croire que l’aquaponie est identique à de l’hydroponie, qui, en plus d’être chimique et polluante, est une méthode de culture qui ne produit que des légumes insipides.

Ou alors, d’autres personnes se demandent si nos légumes n’auraient pas un goût de poisson!? Idée erronée, tout comme avec le fumier sur les terres agricoles, les légumes ne goûteront pas les excréments.

Une commerçante en légumes « Bio » m’a déjà dit que le fait que les légumes n’étaient pas cultivés en terre ne la rassurait pas. Cela lui semble très anti-naturel au premier abord.

Il faudrait donc s’atteler à informer le public pour faire oublier ces fausses idées pré-conçues, et leur faire prendre conscience des nombreux avantages de l’aquaponie.
(Voir également l’article à propos de la qualité nutritionnelle des produits issus de l’aquaponie).

Le problème des certifications et autres complications administratives:

Tout d’abord, il y a le problème de la certification « Bio » ou pas…

Actuellement, dans le système actuel, ce sont les producteurs respectueux de l’environnement (et de la nature en général) qui doivent payer pour obtenir les certifications « Bio » suivant les chartes des différents organismes concernés.

Logiquement, dans un monde où on voudrait promouvoir la production « durable » de nourriture saine pour nourrir les populations à moindre coût, ce sont les producteurs conventionnels qui devraient payer des taxes supplémentaires pour compenser et rembourser les dommages causés à l’environnement par leurs activités polluantes et destructrices, appelées justement des « exploitations« .

Il en est autrement aujourd’hui. Cela peut changer un jour…

certificats, autorisations, contrôles...Donc actuellement, les coûts nécessaires pour obtenir la certification « Bio » risquent bien d’empêcher complètement une petite exploitation aquaponique commerciale d’être viable économiquement!
Pourtant, si ces produits biologiques issus de l’aquaponie étaient reconnus « Bio« , cela augmenterait directement leur valeur marchande!

En plus, il semble qu’En Europe, si la plante a poussé avec une méthode hors sol, même aquaponique, il ne sera pas possible de la certifier « BIO » avec le label.

Et pour être certain d’être « Bio » avec l’aquaponie, il faut simplement veiller à nourrir les poissons avec des aliments certifiés biologiques, garantis sans OGM, et cela ne coûte pas forcément beaucoup plus cher en coûts de production.

Et si nous tentons de vendre nos produits de qualité « Bio » mais sans la certification officielle, nos super-produits peuvent être mis sur le même pied que de vulgaires légumes empoisonnés et malades, cultivés au bord d’une autoroute en Espagne, cultivés par des esclaves modernes, et rapatriés grâce au pétrole encore pas trop cher actuellement! Ce n’est pas juste.

Heureusement, il y a fort à parier que la montée du prix du pétrole donnera raison aux méthodes raisonnables.

Et ce sera le défi des nouveaux producteurs aquaponiques, mettre en valeur leurs produits aux yeux de leur public local!

Il faudra aussi se renseigner concernant les normes sanitaires à respecter pour pouvoir vendre des produits alimentaires que ce soit des légumes ou des poissons.

Un avantage à connaître, c’est que les poissons (à sang froid) ne véhiculent pas les pathogènes trouvés dans les animaux à sang chaud comme la bactérie E.coli et la salmonelle.

Ne pas se lancer trop vite dans un système commercial

Il est fortement conseillé de d’abord pratiquer pendant au moins une année entière, voire plus, avant de s’embarquer dans une installation aquaponique commerciale.
Un certain temps d’adaptation et de formation par l’expérience est nécessaire.

Il est préférable de commencer petit et d’agrandir ensuite, si tout va bien.

Quand on est débutant, il est toujours possible de faire des erreurs, et de perdre toute une récolte, ou toute une quantité de poissons. C’est donc plus sécurisant de se lancer en ayant déjà vécu les essais/erreurs indispensables à l’apprentissage.

Suivre une formation de maraîchage professionnel pourra aussi vous aider si vous n’êtes pas déjà du métier!

Conclusion:

La concurrence et le marché seront donc rudes, à moins de s’y prendre intelligemment et prudemment!

Avant de se lancer, il faudra donc idéalement réaliser une étude de marché sérieuse au niveau local, et tenter de comprendre et de répondre aux besoins particuliers du marché, en visant la variété, tout en veillant à rester rentable, tout en rentabilisant les frais d’investissements de départ!

Cependant, je crois toujours un peu plus dans le développement de systèmes d’auto-productions locales autour des habitations familiales et les collectivités;

Des familles s’amusent à produire leur nourriture facilement, et font de grosses économies sur leurs courses alimentaires habituelles. C’est le cas en Australie. Nous verrons si le même phénomène se produit en francophonie!

Dans cet article, j’ai tenté de réfléchir objectivement avec vous sur ce sujet brûlant de.
Peut-être ai-je oublié un ou plusieurs élements importants!
A vous de me le dire via les commentaires.

Et à nous tous d’expérimenter toutes les applications de l’aquaponie petit à petit. Avis aux personnes motivées par des projets innovants et dans une logique durable.

Ce seront certainement les pionniers de ces méthodes de production qui pourront, après de nombreux essais et erreurs, éventuellement se lancer. Certains pourront alors donner des pistes et des conseils encore plus pointus et précis pour savoir comment bien démarrer un système aquaponique commercial viable économiquement, sur le court, moyen et long terme.

Mais nous n’en sommes qu’aux débuts… à suivre…