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Rien de bien nouveau sous le soleil avec l’aquaponie!

Voici une lettre reçue de la part d’un abonné sur notre site.

Suite à l’autorisation de son auteur, j’avais envie de la publier car cette histoire sera certainement très riche en enseignements pour vous, à propos de l’aquaponie…

 

Chers Aquaponistes.

J’ai regardé par hasard une émission de TV qui présentait de la culture en symbiose avec de la pisciculture.

Curieux, sur Internet j’ai trouvé votre site. Je me suis abonné gratuitement ! à votre documentation sur « l’Aquaponie ». C’est le top, félicitations.
En plus c’est ‘’gratis pro Deo’’.

cabane jardin et aquaponieIl se trouve que pendant des années cette technique a été utilisée par mon grand-père puis mon père pour faire du jardinage. La famille a toujours eu un très beau jardin où nous récoltions de magnifiques légumes. Tout poussait dans ces 1 200 m² de terrain.

Je me souviens <<qu’après la guerre, la dernière j’espère ! >> un ouvrier agricole âgé (à la retraite mais sans vraie retraite) était chargé de l’entretien de ce jardin, il était payé uniquement et amicalement pour cela.

Je me rappelle que les voisins en passant le long du mur de clôture demandaient à ce vieux monsieur et à mon père comment ils faisaient pour avoir de si beaux légumes.

Mon père répondait invariablement :

« Le jardin est bien abrité du vent, la terre en est fertile, jardin & aquaponiej’y mets de la fiente de mes poules, et le Tophile est un jardinier expert en horticulture ».
Tophile = le sobriquet du brave Théophile.
Un prénom qui signifie en Grec ancien : Qui aime ou est aimé de Dieu. Il n’est plus actuellement employé. Seul le mot Grec Théo : Dieu, a subsisté. Il faut être parfait pour mériter et porter un tel prénom ! Ou avoir la ‘’ Main verte ‘’.

C’est après une de ces parlotes avec les voisins qu’un jour mon père m’a entraîné vers le bassin qui servait au stockage de l’eau d’une source avant qu’elle soit utilisée pour l’arrosage du jardin.

Le parc autour de la maison était en pente et le bassinvieux tuyaux d'eau se trouvait là, à 8 mètres au-dessus des cultures. L’eau arrivait en abondance par une tuyauterie en terre cuite de 500 m. de longueur, en cascadant dans cette réserve.

Ces tuyaux dataient de plusieurs siècles. Le trop-plein s’écoulait ensuite dans un ruisseau attenant. L’eau pour l’arrosage partait en souterrain vers le jardin par des tuyaux en fonte, et son débit était réglé grâce à des vannes à clé.

Cette eau était très fraiche même pour une trempette en été.

« Je vais t’expliquer me dit mon père, pourquoi nous avons un beau jardin. Mais tu ne le diras pas à nos ignares de voisins. Ils se moqueraient de nous, et ils me prendraient pour un débile. »
C’était en 1955.

J’ai dit :
« Oui papa. »
À cette époque on ne discutait pas avec les parents.

étang et aquaponie« Viens on va voir le bassin »
Mes frères plus jeunes, et moi-même nous nous baignions souvent in naturalibus en été dans cette réserve d’eau de 6 m. x 3 m. et de 1 mètre de profondeur.

Nous y pêchions aussi des poissons régulièrement attrapés par mon père et l’un de ses ouvriers au printemps avec un filet dans la rivière près de chez nous.

Il les stockait là pour, comme disait le paternel : son plaisir, en s’excusant de prendre les poissons vivants au filet. Ses amis lui faisaient remarquer qu’avec un filet ce n’était pas de la pêche (il allait souvent mettre son filet dans la Cèze pour renouveler le stock de poissons, car parfois certains mouraient).

À l’époque ce devait être permis d’utiliser un filet, d’autant que le grand-père avait été Maire de notre village pendant plusieurs mandats et avant lui ses pères et grands-pères aussi, depuis 1825, et qu’il connaissait bien le garde-pêche.

« Mon plaisir« , disait mon père à ses amis, « c’est que je puisse manger un poisson quand j’en ai envie« .

Ses amis prenaient cette explication pour argent comptant.

aquaponie et etang chez les anciens« Tu vois » me dit-il, « ces perches, ces barbeaux, ces hotus (pleins d’arêtes), cette petite carpe, c’est grâce à eux que nous avons un beau jardin. En plus il y a parfois des alevins. »

J’ai regardé mon père d’un air sûrement incrédule. Je ne comprenais pas comment des poissons pouvaient faire pousser des légumes, car il m’a dit :

 » Tu es comme tous les voisins, tu me prends pour un fou. Mais je vais te dire pourquoi, et comment ça fonctionne. 
En fait les poissons ne sont pas là pour être seulement mangés, mais leur présence nous permet surtout de manger de beaux et bons légumes. Je t’explique :

Un poisson ça urine et ça défèque comme nous.
Une partie de ces déchets reste dans l’eau au fond du bassin, et l’autre partie est entraînée par l’eau qui va au ruisseau.

L’eau qui arrive de la source est toujours propre elle tombe dans le bassin de 80 cm de haut, ça bouillonne et ces bouillonnements permettent aux poissons de respirer de l’oxygène, ils vivent plutôt près de la surface.

Une bonne partie des excréments des poissons tombe perches étang aquaponieau fond, et pour arroser nous prenons l’eau du fond du bassin. L’eau du fond est chargée avec leurs excréments.

Voilà pourquoi je vous ai interdit de boire de l’eau qui sert à l’arrosage. Elle n’est pas potable, mais c’est un bon engrais pour les légumes qu’il faut de toute façon arroser.

Je donne à manger de temps en temps aux poissons. En plus ils ont pour eux tous les insectes qui sont sur l’eau et d’autres qui y tombent dedans.

C’est ton grand-père qui a eu l’idée, il y a longtemps, de mettre des poissons dans le bassin, parce qu’il savait qu’après quelques jours dans l’eau les déchets des poissons la rendaient fertile, et qu’il suffisait d’arroser avec pour avoir de beaux légumes.

Ton grand-père était allé dans l’école d’agriculture à Montpellier en 1880, (actuellement c’est SupAgro . Cette école existe depuis 1842, dixit Internet) il a dû y apprendre ce système.

Il m’avait dit aussi que le riz en Asie se cultivait depuis toujours en même temps que l’élevage de poissons, et que nous faisions la même chose nous avec notre bassin. Ton grand-père savait que les excréments des poissons se transformaient après quelques jours en engrais pour les plantes. »

étang et aquaponieJe me souviens qu’en automne mon père vidait le bassin, donnait les poissons à ses amis et à ses ouvriers, puis il le nettoyait. Il jetait la boue du fond sur le tas de fumier qui servait à la fertilisation de ses vignes. Il remplissait à nouveau ce réservoir et attendait le printemps suivant pour y remettre des poissons.

C’est en découvrant « l’aquaponie moderne » il y a quelques semaines, que j’ai réalisé que mon grand-père avait été un précurseur en ce domaine (et pas seulement dans celui-là).

Depuis mon père est mort, le bassin a été comblé, et à la place des légumes il y a 2 habitations dans le jardin.

Voila pourquoi maintenant je m’intéresse à « l’Aquaponie ».

La nouvelle « Aquaponie-horticole » qui recycle dépollue et fertilise l’eau, comme elle l’a toujours fait depuis des millénaires.

Ma redécouverte de l’aquaponie me remémore une visite touristique des ruines de Pompei en 1963, lors de laquelle le guide nous avait montré un bassin au milieu de l’enclos de ce qui avait été un jardin, destiné d’après lui au stockage-élevage des poissons de mer.

Avec l’eau du bassin où vivaient les poissons, les Romains faisaient pousser leurs légumes, mais aussi avec les intestins de ces poissons broyés et mélangés à du sel ils préparaient du ‘’garum’’.
C’est un assaisonnement à base de saumure de poisson. Ce condiment revient à la mode.

La cuve de cette réserve d’eau était en très mauvais état. Il est possible qu’elle n’existe plus.

Ah ! ces Romains et leurs femmes, c’étaient des bons. On peut dire, en plagiant Hergé, qui a écrit dans :
‘’ Le Tour de Gaule d’Astérix ‘’ : « Allons quoi, Romain ! Sois bon, comme la Romaine !  »

Aquaponiquement vôtre. Albert VIDAL.

Merci beaucoup Albert pour ce magnifique témoignage vivant d’un passé oublié, mais qui pourrait bien nous inspirer pour mettre en place des systèmes vraiment productifs aujourd’hui avec l’aquaponie et l’aquaculture.

Mes dernières expériences extérieures ratées m’avaient laissé avec un petit goût de trop peu… Il devait bien y avoir une solution pour profiter de l’élevage des poissons sans devoir obligatoirement passer par une serre…

Mais comment?

Et bien nous avons trouvé! 
Avec l’aquaponie non-recirculante!

Si vous désirez connaître le fruit de nos découvertes dans ce domaine, avec tous les détails pour réussir votre aquaponie le plus efficacement possible,  une leçon vous attend dans notre formation pour découvrir comment configurer un tel système.

Comment connecter un étang extérieur avec un système de cultures avec l’aquaponie vient justement d’être abordé et expliqué dans notre espace membre, car il y a des solutions pour allier judicieusement un plan d’eau piscicole avec des cultures végétales.

Si vous aussi, vous avez une anecdote ou un commentaire à ajouter sur ces sujets… Dites-le ci-dessous.