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Mise à jour d’un système aquaponique simple après 10 mois

Je refais encore un petit tour du système aquaponique expérimental dans ma serre (non-isolée), celui que je filme depuis ses débuts l’année dernière.

Depuis que le soleil est revenu, cela pousse vite dans la serre, mais encore plus vite avec l’aquaponie!

 

Je n’ai pas pensé à filmer les truites mais elles vont toujours bien, je vous rassure. 🙂 Elles sont toujours peu nombreuses, parce que j’attends un peu qu’un autre système à l’extérieur soit cyclé pour pouvoir les y transférer.

Quand cela sera fait, on m’a proposé d’aller chercher des poissons dans un mini-étang de jardin qui grouille d’alevins, koïs, poissons rouges, carassins, etc… J’irai donc en chercher un seau bientôt pour mettre dans la serre pour l’été.

Les végétaux aquaponiques

Je me suis concentré sur les plantes dans cette vidéo…
C’est vrai que la pousse des salades est impressionnante.

Et leur goût impeccable!
Oui, oui, je le répète, les légumes aquaponiques sont « normaux », ils ne goûtent pas les excréments de poissons et ils nous offrent bien leur goût original.

Depuis que ce système aquaponique est lancé, j’ai déjà récolté:

  • Des salades au bon goût de salade.
  • Des haricots nains bien grands et croquants
  • De la ciboulette bien piquante
  • Du basilic délicieusement parfumé
  • Du céléri rave avec un goût typique de…céléri rave! 🙂
  • Des poireaux tout à fait délicieux
  • un peu de salade de blé (pas très bien réussi, à ré-essayer)

Mais il y a eu des ratés aussi… 🙂

J’ai aussi essayé des choux raves et les rutabagas (racines) mais cela n’a pas bien fonctionné… Normalement, l’aquaponie n’est pas prévue pour les racines, mais mes céléris raves n’étaient pas laids, et j’ai vu aussi de beaux résultats avec…des carottes…à tester…

J’ai raté les épinards, mais c’est certainement parce que j’ai remué les billes quand les germes étaient encore fragiles…

Et le plant de tomate que j’avais planté dans le bac de culture en juillet l’année dernière n’a jamais eu le temps de faire mûrir ses tomates avant la saison froide, mais c’était certainement déjà un peu tard, et puis c’est normal, un système aquaponique ne pouvant pas vraiment contenir une assez grande variétés de nutriments pour « créer » des fruits la toute première année.

Fraise d'aquaponie en train de mûrir

Et les premières fraises arrivent!

La plus grosse est déjà en train de mûrir (voir photo ci-contre).

J’en ai d’ailleurs mis beaucoup cette fois-ci, nous adorons tous les fraises ici, surtout celles produites à la maison, avec leur goût unique, quasiment introuvable dans le commerce!

Aquaponie= source d’engrais biologique idéal

Comme j’en parle dans la vidéo, l’eau fertilisée du système aquaponique me sert aussi à arroser toute la serre, et cela fonctionne vraiment très bien.

C’est un complément non négligeable pour jardiner, ultra pratique pour les petits jardins de ville où on ne trouve pas toujours facilement des engrais naturels ou des matières pour nourrir le peu de terre qu’on a, ou pour des mini-jardins en pots, jardinières et bacs de culture en terre!

Certains parlent alors de microponie lorsqu’on commence à intégrer complètement l’aquaponie dans notre mode de production de nourriture saine, avec les lombrics, les poissons, et le jardin.

Cet exemple est donc un système aquaponique simple, la configuration la plus basique.

D’autres configurations plus évoluées (comme expliqué dans cet article à propos des différents systèmes de drainage) sont détaillées lors des leçons données gratuitement au fil des semaines via notre newsletter.

Des questions? Un commentaire? N’hésitez pas!

De retour du magasin d’article de pêche

ligne de pecheIl est toujours intéressant de visiter ses commerces locaux. Et ainsi, découvrir ce que l’on peut directement se procurer chez eux pour nos systèmes aquaponiques. Avec un peu de chance on en apprend également!

En cette fin du mois de mars, je pousse la porte de ce magasin d’article de pêche. Ma raison, trouver du poisson! Le vendeur est jeune, hyper dynamique et sympathique, comme tout bon commerçant, il s’acquitte rapidement du but de ma recherche.

Système aquaponique avec système de drainage flux et reflux– « Pour en faire quoi exactement? » Comme réponse, du bout des lèvres, je lâche le mot aquaponie. Il sourit.
– « Ha! L’aquaponie … décidément c’est à la mode! » Il m’explique que je ne suis pas le premier, ces derniers 6 mois il a eu quelques personnes qui sont venues le voir à ce propos. Il a d’ailleurs fourni tous le matériel de pompage et d’oxygénation nécessaire pour une réalisation.

DSC02688

Je suis surpris mais rassuré. D’emblée, il m’explique que certaines informations, données sur internet, ne sont pas toujours pertinentes. Les poissons pour l’aquaponie sont parfois mal renseignés, voir pas tout. Il m’explique qu’ici, en ardenne belge, les eaux ruissellent des sommets vers les vallées.

C’est notre or bleu, chez nous l’eau est en abondance, elle est fraîche et bien oxygénée. Ce sont ces conditions qui sont idéales pour la truite.

pecheur etangC’est vrai, dans notre ardenne, la truite est endémique, on en trouve dans nombre de cours d’eau, nos étangs et elle s’élève en pêcherie. Il y a également des sociétés locales de transformations pour la vente en commerce.

Beaucoup en sont friands. Les amateurs de pêche sportive à la mouche, ou plus tranquillement en étangs, la taquine. En « no kill » de plus en plus, juste pour le plaisir du geste et ensuite la relâcher.

Mais également pour remplir frigo et congélateur! C’est un poisson facile à préparer, cuisiner et manger. Il y a de nombreuses recettes, certaines même qui proposent des cuissons au barbecue.

Pour nourrir ces truites il y a également tout ce qu’il faut. Et si on veut aller plus loin, c’est également possible. Il me parle, par exemple, du projet de son client qui va la produire lui-même à partir d’un élevage de vers de farine. Exactement comme certains pêcheurs le font pour avoir des appâts à mettre sur leurs hameçons!

DSC02651Cette discussion m’amène à conclure que pour nos systèmes aquaponiques, il faut sans doute garder cette démarche rationnelle que l’on retrouve régulièrement en permaculture! Il faut faire avec ce qui nous entoure: favoriser ce que l’on trouve facilement et qui fonctionne bien dans nos conditions.

Faites comme nous, discutez avec des spécialistes de votre région. D’autant que régulièrement, ils sont curieux sur l’aquaponie et ce sont souvent des échanges très enrichissants qui en ressortent.

Ce Qu’il Faut Pour Démarrer Un Système d’Aquaponie

Description d’un système d’aquaponie de base en passant rapidement en revue les principales étapes de la mise en route.

Les débutants commencent souvent comme ceci:

– 1 bassin pour les poissons
1 ou 2 bacs de cultures pour les plantes

Pour savoir exactement comment monter votre premier système, un cours gratuit sur plusieurs semaines peut vous être envoyé  en déposant vos infos ci-dessous:

Où Pouvons-Nous Vous Envoyer Votre Série de Leçons Sur L’Aquaponie Gratuitement?

Vos données resteront confidentielles, vous ne recevrez aucun spam et vous pourrez vous désinscrire à tout moment.

Dans ce cours offert gratuitement à nos abonnés, vous y apprendrez par exemple quel est le rapport idéal entre le volume de substrat nécessaire par rapport au volume d’eau dans votre système d’aquaponie…

Dans la vidéo ci-dessus, je vous montre une des configurations les plus simples et les plus efficaces pour commencer, c’est entre autres pour cela
que la plupart des débutants la choisissent pour démarrer.

  • Le bassin de poissons fait office de réservoir.
  • Les poissons font leurs déjections dans l’eau.
  • L’eau est pompée de ce bassin jusqu’au(x) bac(s) de culture.
  • L’eau est directement « filtrée » par le substrat et les bactéries qui s’y trouvent…
  • Les plantes utilisent les nutriments, et l’eau « purifiée » retourne alors dans le bassin des poissons grâce au système de drainage automatique (auto-siphon).

Pour mettre en place un tel système d’aquaponie, vous devrez juste assembler les pièces ensemble:

  • Les bassins et bacs de culture
  • Les tuyaux
  • La pompe
  • Un oxygénateur à bulles
  • Installer le substrat
  • et il ne vous restera plus qu’à planter et laisser s’établir le cycle de l’azote avec ses bactéries…

Plus d’explications à propos de ce cycle de l’azote sur ce site et la newsletter bientôt, ainsi que toutes les infos dont vous avez bien entendu besoin pour savoir comment monter votre premier système efficace!

D’autres configurations seront détaillées également, comme la configuration du système CHOP ou NCUP  expliquée ici.

Mais cette première configuration comme expliquée dans la vidéo, est idéale pour débuter, avec 1, 2, ou 3 bacs de cultures pour faire vos premières expériences, et parfaitement comprendre comment maintenir la magie de cet équilibre aquaponique…

En suivant nos conseils, vous éviterez de nombreuses erreurs de débutants, ce qui risque de vous arriver si vous n’avez pas conscience de tout ce que vous devez savoir pour réussir!
Vous risquez même parfois de grosses pertes, et c’est toujours très triste de voir mourir bêtement ses poissons!

Des infos encore plus précises sont offertes à nos abonnés, n’oubliez pas de nous laisser vos coordonnées si vous êtes intéressé(e).

Ce qu’il faut aussi que vous sachiez pour démarrer un système d’aquaponie…

En attendant que j’aie écrit notre article à propos du cycle de l’azote, voici encore un peu plus d’infos pour les plus pressés d’entre vous, dans cette vidéo, je vous introduis le cycle de l’azote…

Les 3 principaux types de systèmes aquaponiques

Il existe 3 principaux types de systèmes aquaponiques, issues des principales méthodes de cultures hydroponiques plus couramment utilisées dans l’industrie alimentaire à travers le monde entier.

1) Systèmes aquaponiques avec du substrat

2) Systèmes aquaponiques sans substrat: NFT ou à gouttières

3) Systèmes aquaponiques sans substrat: Tables à marée

Toutes les explications ci-dessous…

1) Systèmes aquaponiques avec du substrat


C’est le moyen le plus simple pour commencer.

Il faut juste trouver quelques bassins, du substrat (billes d’argile ou schiste expansé, gravier,…) et c’est parti, vous pouvez commencer à planter!

L’eau est donc pompée du bassin des poissons pour être déversée dans les bacs de culture remplis de substrat dans lequel les plantes pousseront.

Ce substrat est colonisé par des bactéries qui participent activement au processus de transformation de l’ammoniac (déchets des poissons) en nitrates dans le système.

Les racines des plantes utilisent ces nitrates pour grandir.
L’eau retourne ensuite dans le bassin des poissons.

Pour ces systèmes avec substrat, 3 configurations  de drainage des bacs de culture sont possibles, elles sont discutées dans cet article

Système simple Remplissage et Drainage/ Flux et Reflux

Système aquaponique avec système de drainage flux et refluxC’est peut-être bien le meilleur système pour commencer à se familiariser avec l’aquaponie. En plus, on peut commencer avec un seul bac de culture pour après agrandir à 3 ou 4, pour le même volume d’eau.

L’avantage de ce système est qu’il est très facile à mettre en place et il est le moins coûteux. Il ne faut que 2 éléments: le bassin de poisson et le(s) bac(s) de culture..

Les désavantages de cette configuration, c’est que le niveau de l’eau monte et descend constamment dans le bassin des poissons, puisque la pompe y prend directement l’eau.

Il paraît que c’est préférable pour les poissons que le niveau ne bouge pas, sans avoir pu vérifier cette information, mais cela semblerait logique puisque dans la nature, le niveau ne fluctue jamais autant.

Cela pourrait en effet provoquer une source de stress supplémentaire pour nos poissons. Et s’il y a « stress », des maladies et des problèmes chez les poissons risquent de surgir plus vite.

Il faut généralement un programmeur horaire ou un siphon pour gérer le niveau de l’eau dans le(s) bac(s) de culture avec ce système, cela est expliqué dans cet article à propos du drainage des bacs de culture.

2) Systèmes aquaponiques sans substrat: NFT ou à gouttières


Nutrient Film Technique qui consiste à utiliser des gouttières pour faire circuler l’eau, et les plantes sont placées sur le dessus des gouttières, et trouvent les nutriments et l’oxygène nécessaires grâce au développement de leurs racines dans ces gouttières.

Culture sur film nutritif
Culture sur film nutritif

Les plantes sont dans de petits pots, qui sont ensuite coincés dans de petites ouvertures tous les 20-25 cm.

Ces systèmes conviendraient particulièrement bien aux plantes qui n’ont pas besoin d’un trop grand développement racinaire et qui poussent vite, comme diverses salades, laitues et petits légumes verts.
Mur planté
Comme sur la photo ci-contre, on peut utiliser cette technique pour optimiser l’espace disponible avec des cultures verticales.

Nous n’avons pas encore essayé ce type de système car il nous a semblé directement beaucoup plus coûteux à l’investissement, et il nous obligerait à utiliser beaucoup trop de PVC, ce que nous essayons d’éviter au maximum.

Vous pourrez voir un bel exemple de technique sans substrat NFT ici.

C’est d’ailleurs pourquoi il n’est pas très souvent utilisé en aquaponie mais beaucoup plus souvent en hydroponie, même s’il peut être très intéressant dans certains cas avec peu de place, ou peut être combiné avec d’autres systèmes.

3) Systèmes aquaponiques sans substrat: Tables à marée


Le système des tables à marée est un autre système couramment utilisé en hydroponie, et est aussi souvent utilisée dans les installations aquaponiques commerciales.

Table à marée
Table à marée

Ce système consiste à utiliser de grands bassins d’eau sur lesquels on va faire flotter les plantes, comme sur un radeau (en polystyrène par exemple).

Les plantes consommeront alors les nutriments présents dans l’eau, et celle-ci retournera alors nettoyée dans le bassin des poissons.

Cette configuration permet d’avoir une stabilité inégalable au niveau de la qualité de l’eau vu son volume, mais elle demande aussi un peu plus de finesse dans la technique.

Avec un système de tables à marée par exemple, il est alors indispensable d’ajouter des filtres biologiques supplémentaires pour éviter d’avoir de petits dépôts dans l’eau, qui pourraient s’accrocher aux racines des plantes et les empêcher d’absorber leurs nutriments convenablement.

Il faut aussi prévoir une oxygénation maximale de l’eau qui circule sous les plantes.

Conclusion: Par quel système commencer?

Après avoir parcouru ensemble ces 3 principaux types de systèmes aquaponiques, nous pouvons vous conseiller directement de vous pencher sur l’option avec substrat pour commencer, car c’est vraiment la plus simple à mettre en place, la moins coûteuse et aussi celle qui demande le moins d’entretiens et la plus simple à gérer.

Un autre avantage de la culture avec substrat, c’est qu’une plus grande variété de fruits et légumes peuvent y prospérer.

Par exemple, les systèmes « NFT » ou dans les « tables à marées » sont plus adaptées à la culture de salades et d’herbes que pour une production variée de salades, herbes diverses, tomates, poivrons, fraises, choux, etc.

Dans un système aquaponique pour une production familiale, le but est bien entendu de pouvoir produire de nombreux produits différents, les systèmes avec substrat sont alors ceux qui conviendront le mieux à cet usage diversifié.

Il est bien entendu possible d’associer ces 3 méthodes en un seul système mixte, selon les cas.

N’oubliez pas de lire notre article à propos des différents systèmes de drainage utilisés dans un système aquaponique pour l’évacuation de l’eau des bacs de culture avec substrat, et dans nos explications, nous nous concentrerons principalement (pour commencer) sur les systèmes dont les bacs de culture sont remplis de substrat, vu les raisons citées plus haut.

 

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Comment Nettoyer & Vider Un Poisson

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C’est à peu près la même technique pour vider tous les poissons.

Voici comment nettoyer et vider un poisson frais.

Vider le poisson n’est pas difficile, parfois un peu repoussant pour les plus délicats, mais alors qu’ils retournent manger des fish sticks de l’industrie, peut-être qu’après quelques maladies, il finiront par recommencer à vider eux-mêmes les poissons frais et sains du jardin!

Le cuisinier va aussi montrer dans cette vidéo comment écailler le poisson, mais cette étape n’est pas nécessaire pour tous les poissons ou pour toutes les recettes.

Se munir d’un bon petit couteau et une paire de ciseaux pour vider et habiller le poisson.

Excellente démonstration de l’habillage du poisson avant sa consommation.

Toujours laver un poisson entier pour éviter d’abîmer les chairs.

Avez-vous de l’expérience ou une anedocte à nous raconter à ce sujet? Tapez-la dans les commentaires!

D’autres vidéos pour découvrir comment nettoyer & vider un poisson…

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Les principes de base de l’aquaponie

L’aquaponie est le résultat d’une association entre l’aquaculture (élevage de poissons) et l’hydroponie (culture de légumes hors sol).

L’aquaponie permet donc de produire des légumes et du poisson chez soi, c’est assez facile et accessible à tous…

C’est pour cela qu’il est temps de tous nous lancer dans l’auto-production autant que possible, maintenant que nous avons des techniques efficaces en main.

Bien comprendre les principes de base de l’aquaponie vous permettra de mieux préparer votre première installation aquaponique, c’est ce dont nous parlerons dans cet article.

Cycle de l'aquaponie
Cycle de l’azote avec l’aquaponie

Les principaux acteurs d’un système aquaponique, ce sont bien entendu les poissons et les plantes.
Les acteurs secondaires, ce sont les bactéries (indispensables) et les vers de compost (facultatifs mais bénéfiques).

Chacun des acteurs du système a des besoins naturels pour être en bonne santé, et leurs besoins respectifs seront comblés par l’un et l’autre, ce qui entretient une parfaite symbiose entre eux.

C’est un bel exemple de situation « Gagnant-Gagnant« .

Après avoir été nourris, les poissons digèrent leur nourriture, ils produisent des excréments qui sont donc relâchés dans leur eau.

L’eau est alors pompée pour être amenée dans les bacs de culture de plantes.

Cette eau est chargée en ammoniaque provenant des déjections des poissons.

Cet ammoniaque sera alors décomposé dans le substrat (billes d’argile expansé, gravier…) par des bactéries qui le transforment en une forme plus assimilable pour les plantes.

Les plantes utilisent ensuite les nitrates issus de l’ammoniaque ainsi transformé. C’est une forme d’azote qui est utilisée par les plantes et qui est indispensable pour leur croissance.

Vers de terre
Il est intéressant d’ajouter des vers de compost dans les bacs de culture, ils aideront eux aussi à rendre assimilables de nombreux nutriments en faisant passer de nombreux restes de végétaux (feuilles, racines, radicelles,…) à travers leur tube digestif: leurs excréments contiennent des nutriments directement assimilables par les plantes.

L’eau retournera alors nettoyée/filtrée dans le bassin des poissons, et cela dans un cycle fermé permanent.

Si les plantes et les bactéries du substrat ne jouaient pas ce rôle de filtre, les poissons mourraient très vite car l’ammoniac est toxique pour eux.

C’est grâce à l’action de l’oxygène, des bactéries, et des plantes que la survie des poissons est maintenue possible, et vice versa.

On peut donc bien observer cette interdépendance bénéfique qu’entretiennent les poissons et les plantes, ainsi que les bactéries.
L’un sans l’autre, ils mourraient dans un tel système fermé.

Les poissons produisent des déjections. Les vers de terre et bactéries transforment les déjections en nutriments pour les plantes. Les plantes filtrent l’eau qui retourne aux poissons.
Cycle de l’aquaponie

Les poissons apportent la nourriture aux plantes qui elles, nettoient l’eau du système …
La nourriture est rendue disponible et assimilable pour les plantes grâce aux bactéries présentes dans le substrat.

C’est le merveilleux cycle de l’aquaponie.

Tout ce que vous avez à faire en tant qu’aquaponiste, c’est de nourrir les poissons, bien oxygéner l’eau, contrôler de temps en temps la qualité de l’eau, pour vérifier l’acidité (Ph) ainsi que la concentration en nitrites (toxiques pour les poissons) et en nitrates (sans danger pour les poissons jusqu’à un certain niveau de concentration).

Nous rentrerons beaucoup plus dans les détails lors de la formation concernant l’entretien d’un système aquaponique.

Vous pouvez d’ailleurs encore vous y inscrire gratuitement pour le moment, en déposant votre prénom et votre email dans le formulaire ci-dessous.

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Les plantes à cultiver dans une installation aquaponique

Il y a déjà des centaines de plantes qui ont été testées avec succès dans des installations aquaponiques à travers le monde.

Plantes en aquaponieBien entendu, le type de plantes que vous pourrez cultiver chez vous sera toujours déterminé par votre climat, mais en gros, à peu près tout ce qui pousse dans les potagers de votre région devrait pouvoir pousser correctement dans votre installation aquaponique.

Ce sont souvent les légumes racines qui sont les plus difficiles à cultiver dans ce genre de système, mais ce n’est pas impossible, j’ai moi-même des céléris-raves encore en train de grossir dans un de mes bacs…

Ce qu’il y a de plus fou, c’est que les plantes des systèmes aquaponiques se portent à merveille, principalement avec les nutriments apportés directement aux racines grâce aux poissons, et en plus, elles poussent même au moins 2 fois plus vite que dans un jardin en pleine terre!

Les plantes poussent mieux dans un système aquaponique simplement parce qu’elles ont toute l’eau dont elles ont besoin ainsi que tout l’oxygène nécessaire, bien plus qu’en pleine terre!

Les plantes les plus couramment cultivées avec l’aquaponie (de manière commerciale) sont les légumes à feuilles vertes dits « légumes-feuilles » (salades diverses, mâche, épinards, poireaux, bettes, …) et les herbes telles que persil, basilic, ciboulette, etc.

La première année, c’est préférable de rester avec ces légumes verts uniquement, parce que le substrat ne contient pas encore une assez grande diversité de nutriments, mais dès la deuxième année, on peut envisager de planter des légumes plus gourmands et/ou plus demandeurs.

Le climat, comme je l’ai déjà dit plus haut, c’est un facteur déterminant pour choisir les plantes à cultiver en aquaponie.
Cela dépend aussi de la situation (à l’extérieur, dans une serre?), et de l’ensoleillement, tout comme pour du jardinage traditionnel.

L’important est d’essayer. Vous pourrez observer ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas chez vous. Ce qui est certain, c’est que vous allez (enfin!?) réussir à produire quelque chose, et cela après quelques semaines seulement!

Concombre aquaponiqueDans un climat comme en Belgique ou en France, ce qui fonctionne bien, c’est les concombres (en serre), les tomates (en serre), les salades, la mâche, le céléri, les piments (serre), les fraises, les oignons, les différents choux, les haricots, le persil, le basilic (en serre), les menthes, le cresson, la coriandre, la sauge,…

Je pense pouvoir confirmer que tous les légumes annuels qui se plantent dans le jardin doivent être cultivables dans un système aquaponique.

En Australie, j’ai même vu des images d’un arbre qui avait été installé dans un bac de culture mature de plusieurs années, assez profond, ou encore un bananier dans une serre chauffée aux USA.
Cela ne devrait de toute façon rester que des essais à titre expérimental.

Pour commencer, profitons des grands avantages de l’aquaponie pour simplement produire les légumes habituels des potagers dans nos régions, et nous nous garantirons de nombreuses et abondantes réussites.

Vous pouvez utiliser les bonnes associations entre les plantes, comme dans un potager, idem dans les bacs de culture aquaponiques.

Le poireau aime le fraisier, la bette aime les céléris et les haricots, le basilic apprécierait le voisinage du fenouil…etc…tout cela est à expérimenter…

Par contre, pas besoin de rotations de cultures dans un système aquaponique, vu qu’il est en permanence drainé et fertilisé par les poissons.

Les plantes à cultiver dans une installation aquaponique sont donc celles que vous trouverez généralement dans les jardins de vos régions, certaines règles de jardinage restent également d’actualité, comme nous venons de le voir avec les associations bénéfiques entre plantes.

Vous pouvez poster ici vos questions, commentaires, ainsi que vos propres expériences ratées ou réussies si vous avez déjà eu la chance d’expérimenter l’aquaponie chez vous!

Un exemple concret d’aquaponie

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Exemple concrèt de réalisation d’un système aquaponique.

Voici la première vidéo que j’ai pu réaliser de mon propre système déjà installé et fonctionnel. Il s’agit d’un prototype, qui a été conçu avec les moyens du bord à cette époque.

Un exemple concret d’aquaponie, comme vous pourriez déjà en commencer chez un chez vous, presque similaire. Vous pouvez même faire mieux, car vous allez profiter de nos expériences, essais et erreurs et grâce à cela, gagner beaucoup de temps et d’efficacité.

Avec l’aide que vous pourrez trouver ici sur Aquaponie-Pratique.com, vous aurez directement une longueur d’avance pour mettre en place votre premier système vraiment productif.

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Les bassins pour l’aquaponie

Dans la vidéo, vous pouvez voir que j’ai utilisé une de ces grandes cuves de 1m³ en polyéthylène (PE) que j’ai coupée en 2 morceaux. Il y a bien entendu d’autres configurations possibles.

Dans ma serre, l’espace est restreint, mais vous pouvez prévoir jusqu’à 3 ou 4 bacs de culture de plantes de 1m² (200-250L) pour chaque bassin de poisson de 1000L.

Au niveau esthétique par exemple aussi, il est possible de faire mieux…

Vous pouvez soit trouver des bassins en polyester armé fibre de verre (assez onéreux), ou des bassins en polyéthylène (PE) avec un look (forme, couleur, …) qui vous plaît (difficile à trouver), ou alors simplement des cuves IBC de 1000L neuves ou d’occasion, mais que vous pouvez alors décorer avec un style de natte de bambous/roseaux pour faire joli, ou encore une petite structure en bois.

La nourriture des poissons en aquaponie

Dans cette vidéo, vous me voyez aussi chasser les insectes et les vers 

Je vous rassure, ce n’est pas obligatoire. Il existe des granulés de qualité que vous pouvez simplement donner aux poissons tous les jours, il est même possible d’automatiser cela.

Et si vous êtes vraiment motivé(e), vous pourrez tout de même leur donner des vers de votre lombricompost, la nourriture vivante est bien entendu l’idéal pour nos poissons, c’est ce qu’ils préfèrent.

Mais vous pouvez aussi choisir des poissons herbivores (tanches, carpes …) qui seront beaucoup plus faciles à nourrir avec ce qui pousse dans votre jardin.

Les poissons en aquaponie

En aquaponie, nous ne pouvons élever que des poissons d’eau douce.

Quand on débute, on peut faire des erreurs. C’est pour cela que je conseille souvent de plutôt commencer par des poissons plus tolérants comme des carpes, ou des poissons rouges par exemple, ou simplement des petits carassins trouvés dans un étang, pourquoi pas.

Ensuite, une fois que vous serez bien rôdé, vous prendrez peut-être des poissons meilleurs à manger, comme dans la vidéo avec des truites.

Il est également possible d’élever des écrevisses. J’en ai une avec les truites. 🙂 Elle se cache en permanence mais la cohabitation est donc possible.

Pour les végétariens, soit vous gardez de magnifiques poissons rouges qui grandiront heureux, soit vous faites de l’élevage de carpes pour échanger avec des passionnés de poissons d’étangs.

Les 10 plus grands avantages de l’aquaponie

Dans cet article, nous allons découvrir ensemble les nombreux avantages de l’aquaponie, mais nous nous arrêterons aux 10 principaux ici.

L’aquaponie, vous le savez peut-être déjà, c’est une technique idéale pour pouvoir produire des produits végétaux de qualité biologique chez soi, avec du poisson sain (de + en + rare) en bonus! (Pour plus d’explications détaillées sur le fonctionnement de l’aquaponie, cliquez ici)

Symbiose et aquaponie
Symbiose réciproque…

L’aquaponie est une parfaite association entre des végétaux, des bactéries, et des poissons.

En gros, les poissons sont nourris, l’eau de leur bassin est alors envoyée dans du substrat, dans lequel des bactéries filtrent l’eau, elles rendent assimilables les nutriments indispensables pour la croissance des plantes, les plantes filtrent l’eau à leur tour, et l’eau retourne alors nettoyée dans le bassin des poissons.

Cette méthode hors sol peut surprendre au début, mais elle offre de sérieux et nombreux avantages!

Comme nous l’avons vu dans notre article à propos de la viabilité économique d’un système aquaponique commercial, dans un premier temps, les installations aquaponiques les plus sûres d’être rentables, ce sont celles qui sont installées dans les foyers familiaux pour l’autoproduction de nourriture locale.

C’est pour cette raison qu’il est intéressant d’envisager ici un peu plus les arguments les plus convaincants qui pourraient vous motiver à vous y mettre vous aussi, et comme nous, commencer à propager et à multiplier les initiatives de productions locales, même en milieu urbain.

Parfois, il suffit d’avoir toutes les infos en main pour pouvoir prendre consciemment de bonnes décisions: quand on sait pourquoi on le fait, et qu’en plus, on est enthousiaste, tout se met alors en place pour que cela devienne possible!

La planète a besoin de nous! Nous pouvons agir localement pour un désordre global.

Produisons toujours plus de nourriture locale avec, entre autres, l’aquaponie, et nous diminuerons immédiatement et drastiquement notre impact sur l’environnement!

Les 10 avantages de l’aquaponie:

  1. Un système aquaponique est facile à monter et vous pourrez le démonter facilement (en cas de déménagement par exemple)
  2. Une installation aquaponique permet de produire plus de nourriture au mètre carré qu’un jardin en pleine terre, il est donc possible de produire votre nourriture, même dans de petits espaces!
  3. Cultiver avec l’aquaponie est un moyen idéal pour produire sa nourriture avec beaucoup moins d’efforts et moins de temps qu’avec un jardin en terre.
  4. Vous n’aurez plus mal au dos, et vous ne serez plus couvert(e) de terre et de boues après votre passage dans les cultures!
  5. Plus besoin de désherber, ni de bêcher!
  6. Pour les pays où l’eau potable devient rare, l’aquaponie permet de produire avec une économie d’eau énorme en comparaison avec un jardin cultivé en pleine terre (de 80 à 90% d’économies en eau)!
  7. Une fois qu’on a compris les bases avec son premier système, on comprend vite qu’une installation aquaponique est simple d’entretien, abordable pour tous (même les enfants peuvent s’en occuper!), et est une solution « pratico-pratique » pour arriver à produire encore plus de nourriture locale chez soi et avec peu d’efforts.
  8. L’aquaponie permettra à de nombreuses personnes de se re-connecter à la nature mais aussi de revenir à l’essentiel.
  9. Elever et manger son propre poisson, dans une eau pure, avec une nourriture de qualité, c’est une satisfaction inégalable à notre époque.
  10. Produire des légumes ET du poisson avec moins d’espace qu’un jardin traditionnel: c’est l’atout qu’il nous manquait pour arrêter de participer à une industrie de la viande nauséabonde, et une industrie du poisson inhumaine et destructrice.
  11. La nourriture issue d’un système aquaponique a bon goût, élément important pour le palais. 🙂

Les avantages de l'aquaponieCette liste n’est bien entendu pas exhaustive, car il y a énormément de petits avantages secondaires qui peuvent être générés par une production naturelle abondante et locale, comme la diminution des transports et de notre consommation en produits pétroliers en général, moins de temps à faire les courses, une meilleure qualité de vie…

Conclusion:

La liste des avantages de l’aquaponie est longue, en plus d’être une activité amusante et enrichissante pour tous.

C’est certainement pourquoi cette nouvelle technique provoque un tel engouement actuellement. Il y a de plus en plus d’effervescence dans le domaine, et des projets démarrent un peu partout!

C’est d’ailleurs aussi pour cela que nous, les membres de l’équipe d’Aquaponie-Pratique.com, avons décidé de partager nos connaissances et expériences pour familiariser encore un plus grand nombre de personnes avec l’aquaponie.

N’hésitez pas à réagir via les commentaires!

 

La viabilité économique d’un système aquaponique commercial

C’est un sujet qui me tient à coeur car c’est un grand débat personnel depuis longtemps.

Ai-je vraiment envie de devenir un maraîcher « bio » à temps plein?

Que ce soit avec l’aquaponie, ou du maraîchage, les mêmes difficultés font surface pour développer une entreprise rentable.

Peut-être que vous aussi, vous vous êtes déjà demandé si cela pouvait devenir un métier d’avenir… Oui, c’est peut-être possible, mais cela dépend comment…

Dans la théorie, oui, j’aimerais bien pouvoir offrir ce service, mais il faut aussi prendre en compte toutes les contraintes et complications potentielles liées à ce type d’activité avant de se lancer.

Un système aquaponique commercial serait-il viable économiquement?

Dans cet article, j’ai mis tous les arguments qui me paraissent importants, comme si je réfléchissais pour mon propre projet éventuel de me lancer dans une installation aquaponique commerciale.

N’étant pas du métier particulièrement, ou fils de producteur, ni aucune formation spécialisée en maraîchage, je ne suis pas non plus certain d’avoir toutes les cordes nécessaires à mon arc pour réussir à en faire une activité rentable, surtout quand on voit les prix offerts aux producteurs en général!

Nous allons voir ensemble quelques faits qu’il faut prendre en compte avant de s’investir dans une carrière aquaponique…

La niche de marché doit être locale!

Vu les coûts de transports, il est impératif de pouvoir trouver un marché local pour écouler ses produits.
Or, même sur le marché local, la compétition est rude.

Les petits producteurs locaux se retrouvent souvent face à de gros producteurs, qui arrivent à produire beaucoup en vendant pas cher, pas assez cher pour qu’un petit producteur gagne vraiment sa vie! Et l’argument le plus fort dans ce domaine, c’est souvent le prix! 🙁

Même si vous ajoutez l’argument de valeur que ce sont des produits naturels, durables et locaux, il faudra convaincre les consommateurs de payer le prix, peut-être légèrement supérieur aux produits du marché conventionnel.

Il faut donc chercher à savoir si le consommateur final sera prêt à consacrer un peu plus de budget pour nos produits d’une qualité supérieure.

Et si on trouve un public d’acheteurs potentiels locaux intéressés par nos produits, encore faut-il savoir combien!
Y aura-t-il assez de tels consommateurs locaux pour que notre business soit rentable?

Et si on veut vendre plus que ce qu’il est possible d’écouler sur le marché local (qui est forcément limité), il faudra alors produire beaucoup plus et vendre beaucoup moins cher, ce qui devient plus risqué au niveau rentabilité et coûts d’investissements.

Si nous désirons vendre à plus grande échelle, cela peut paraître plus simple vu qu’on ne vendra nos récoltes qu’aux distributeurs, mais alors ces multiples distributeurs intermédiaires (entre le producteur et le client final) prendront forcément une plus grosse partie de vos bénéfices.

L’idéal serait donc de se concentrer sur le développement de réseaux locaux de distribution directe, à des consommateurs conscientisés…

Un système aquaponique commercial financé par une sorte d’AMAP

Il est possible d’écouler ses produits à travers des vendeurs ambulants (marchés) de produits bio/locaux, ou encore via les Groupes d’Achats Communs (GAC) ou AMAP (voir plus bas).

Si on peut s’arranger avec de tels groupements citoyens, directement du producteur au consommateur, cela peut également s’avérer intéressant.

Une autre solution consisterait en un réseau comme les AMAP en France (= Associations pour le Maintien de l’Agriculture Paysanne) ou les Groupes d’achats solidaires de l’agriculture paysanne en Belgique (GASAP.be)!

Cela consisterait donc à créer un groupe de consommateurs solidaires à l’année, qui, suivant leur participation, obtiendraient des parts de la récolte qu’ils pourraient recevoir chaque semaine, suivant la production, végétaux et poissons compris.
Les consommateurs d’un tel réseau de solidarité pourraient aussi exprimer leurs besoins et leurs préférences avant de planifier chaque année de plantations.

Et la niche des restaurants pour vendre les produits issus de l’aquaponie?

Niche des restaurants pour les produits aquaponiquesEn effet, les cuisiniers encore soucieux de la qualité de leurs produits sont intéressés par des produits frais.
Ils aiment l’idée que leurs produits ont été faits rien que pour eux, d’une certaine manière, et ils peuvent s’en vanter au client.

Salades diverses, herbes et aromatiques, connues ou plus originales, et d’une fraîcheur inégalable, fraîchement coupées quelques heures seulement avant de finir dans l’assiette du client…
Ce sont des arguments qu’ils aiment bien. L’argument « local » est un plus qu’ils peuvent ajouter dans l' »histoire » qu’ils raconteront à leurs clients concernant l’origine des produits dans l’assiette.

Il est donc possible de trouver un certain nombre de restaurateurs intéressés par vos produits car conscients de leur valeur, mais encore faut-il arriver à les servir régulièrement, et ce avec assez de quantités, tout en restant bien entendu dans des zones de prix raisonnables, sinon ils retourneront vite à leurs fournisseurs habituels parce que plus réguliers et plus fiables, et peut-être moins chers aussi!

On pourrait aussi envisager de s’adapter complètement aux besoins d’un ou plusieurs restaurateurs et ne produire que pour eux, si une proche collaboration était possible.

La production de poisson aquaponique peut-elle donc être rentable?

Comme on peut le voir, comme tout type de maraîchage, la rentabilité par rapport à l’investissement de départ n’est pas garantie d’avance, ou en tous les cas, pas forcément et pas n’importe comment!
C’est possible, mais il faut certainement bien s’y prendre…

Tout d’abord, il faut trouver un type de poisson qui se vendra bien car apprécié culinairement.
Le poisson en aquaponiePlus communément dans nos climats du nord de l’Europe, ce sera de la truite.

La truite est tout d’abord un poisson qui demande des conditions optimales, donc le système doit être parfaitement équilibré.

En plus, de l’alevin à la truite de minimum 25 cm prête à être consommée, cela peut prendre 2 ans, peut-être plus, suivant les conditions.
On peut bien entendu acheter de la truitelle en pisciculture et ainsi déjà gagner du temps avant la récolte, mais ce ne sera plus totalement « bio », à moins de trouver une pisciculture biologique près de chez vous!

Aquaponie et carpes KoïOn peut revendre de grosses carpes koï, assez simple pour l’élevage, mais en grosses quantités, ce n’est certainement pas facile à vendre.

On peut aussi imaginer d’élever du poisson plus rare comme du tilapia, ou des perches du Nil, ou autre poisson exotique, mais cela devient alors difficile d’avoir un retour sur l’investissement nécessaire pour maintenir l’eau à bonne température dans les climats tempérés froids.

En plus, les prix du marché sont souvent vus à la baisse pour les producteurs…à moins de vendre vos poissons avec leur histoire « locale« , dans des circuits très courts, directement à des consommateurs ou à des restaurateurs.

Un autre facteur important est de savoir comment vendre le poisson.

Vidé, emballé? Pas vidé dans la glace? Vivant?

Pour pouvoir transformer le poisson en produit « consommable », il y a de nombreuses normes à respecter. Il faut par exemple un local hygiènisé et contrôlé… (=> Se renseigner auprès des organismes officiels concernés dans votre pays).

Ou alors, vendre les poissons vivants serait peut-être le plus simple…directement aux particuliers ou alors aux restaurants.
Les restaurants pourraient attraper leurs truites dans un grand aquarium juste avant de les cuisiner, devant les clients! Pourquoi pas?

Produire des légumes « hors saison »

Il y a un gros marché pour les végétaux produits à des saisons décalées.

Le marché local est souvent saturé en pleine saison: tellement saturé qu’il devient parfois difficile de vendre ses produits à un prix décent… puis quand la saison est passée, il n’y a plus rien provenant du marché local, tout est alors importé et à des prix très élevés pour le consommateur final.

Si la conception de votre lieu de production aquaponique commercial est bien conçu énergétiquement (serre bio-climatique, isolation, inertie, puits canadien…) et que vous pouvez vous permettre de chauffer à moindre coût pour maintenir une production, même pendant tout l’hiver, cela peut devenir intéressant.

Des fraises belges de qualité « Bio » au mois de décembre, cela peut bien se vendre sur le marché local, même si ce sont des habitudes qui devraient être petit abandonnées, mais il s’agit ici d’un exemple, mais j’aurais très bien pu prendre les tomates en début d’hiver, ou les laitues en plein été.

Les fausses idées qui pourraient nuire à la vente de produits issus de l’aquaponie

Nombreuses sont les personnes qui cherchent des produits de qualité biologique, mais sont-ils tous prêts à manger nos produits issus de l’aquaponie, cultivés hors-sol?

Un sérieux coup de marketing sera nécessaire pour faire oublier cette fâcheuse habitude, pour le néophyte, de croire que l’aquaponie est identique à de l’hydroponie, qui, en plus d’être chimique et polluante, est une méthode de culture qui ne produit que des légumes insipides.

Ou alors, d’autres personnes se demandent si nos légumes n’auraient pas un goût de poisson!? Idée erronée, tout comme avec le fumier sur les terres agricoles, les légumes ne goûteront pas les excréments.

Une commerçante en légumes « Bio » m’a déjà dit que le fait que les légumes n’étaient pas cultivés en terre ne la rassurait pas. Cela lui semble très anti-naturel au premier abord.

Il faudrait donc s’atteler à informer le public pour faire oublier ces fausses idées pré-conçues, et leur faire prendre conscience des nombreux avantages de l’aquaponie.
(Voir également l’article à propos de la qualité nutritionnelle des produits issus de l’aquaponie).

Le problème des certifications et autres complications administratives:

Tout d’abord, il y a le problème de la certification « Bio » ou pas…

Actuellement, dans le système actuel, ce sont les producteurs respectueux de l’environnement (et de la nature en général) qui doivent payer pour obtenir les certifications « Bio » suivant les chartes des différents organismes concernés.

Logiquement, dans un monde où on voudrait promouvoir la production « durable » de nourriture saine pour nourrir les populations à moindre coût, ce sont les producteurs conventionnels qui devraient payer des taxes supplémentaires pour compenser et rembourser les dommages causés à l’environnement par leurs activités polluantes et destructrices, appelées justement des « exploitations« .

Il en est autrement aujourd’hui. Cela peut changer un jour…

certificats, autorisations, contrôles...Donc actuellement, les coûts nécessaires pour obtenir la certification « Bio » risquent bien d’empêcher complètement une petite exploitation aquaponique commerciale d’être viable économiquement!
Pourtant, si ces produits biologiques issus de l’aquaponie étaient reconnus « Bio« , cela augmenterait directement leur valeur marchande!

En plus, il semble qu’En Europe, si la plante a poussé avec une méthode hors sol, même aquaponique, il ne sera pas possible de la certifier « BIO » avec le label.

Et pour être certain d’être « Bio » avec l’aquaponie, il faut simplement veiller à nourrir les poissons avec des aliments certifiés biologiques, garantis sans OGM, et cela ne coûte pas forcément beaucoup plus cher en coûts de production.

Et si nous tentons de vendre nos produits de qualité « Bio » mais sans la certification officielle, nos super-produits peuvent être mis sur le même pied que de vulgaires légumes empoisonnés et malades, cultivés au bord d’une autoroute en Espagne, cultivés par des esclaves modernes, et rapatriés grâce au pétrole encore pas trop cher actuellement! Ce n’est pas juste.

Heureusement, il y a fort à parier que la montée du prix du pétrole donnera raison aux méthodes raisonnables.

Et ce sera le défi des nouveaux producteurs aquaponiques, mettre en valeur leurs produits aux yeux de leur public local!

Il faudra aussi se renseigner concernant les normes sanitaires à respecter pour pouvoir vendre des produits alimentaires que ce soit des légumes ou des poissons.

Un avantage à connaître, c’est que les poissons (à sang froid) ne véhiculent pas les pathogènes trouvés dans les animaux à sang chaud comme la bactérie E.coli et la salmonelle.

Ne pas se lancer trop vite dans un système commercial

Il est fortement conseillé de d’abord pratiquer pendant au moins une année entière, voire plus, avant de s’embarquer dans une installation aquaponique commerciale.
Un certain temps d’adaptation et de formation par l’expérience est nécessaire.

Il est préférable de commencer petit et d’agrandir ensuite, si tout va bien.

Quand on est débutant, il est toujours possible de faire des erreurs, et de perdre toute une récolte, ou toute une quantité de poissons. C’est donc plus sécurisant de se lancer en ayant déjà vécu les essais/erreurs indispensables à l’apprentissage.

Suivre une formation de maraîchage professionnel pourra aussi vous aider si vous n’êtes pas déjà du métier!

Conclusion:

La concurrence et le marché seront donc rudes, à moins de s’y prendre intelligemment et prudemment!

Avant de se lancer, il faudra donc idéalement réaliser une étude de marché sérieuse au niveau local, et tenter de comprendre et de répondre aux besoins particuliers du marché, en visant la variété, tout en veillant à rester rentable, tout en rentabilisant les frais d’investissements de départ!

Cependant, je crois toujours un peu plus dans le développement de systèmes d’auto-productions locales autour des habitations familiales et les collectivités;

Des familles s’amusent à produire leur nourriture facilement, et font de grosses économies sur leurs courses alimentaires habituelles. C’est le cas en Australie. Nous verrons si le même phénomène se produit en francophonie!

Dans cet article, j’ai tenté de réfléchir objectivement avec vous sur ce sujet brûlant de.
Peut-être ai-je oublié un ou plusieurs élements importants!
A vous de me le dire via les commentaires.

Et à nous tous d’expérimenter toutes les applications de l’aquaponie petit à petit. Avis aux personnes motivées par des projets innovants et dans une logique durable.

Ce seront certainement les pionniers de ces méthodes de production qui pourront, après de nombreux essais et erreurs, éventuellement se lancer. Certains pourront alors donner des pistes et des conseils encore plus pointus et précis pour savoir comment bien démarrer un système aquaponique commercial viable économiquement, sur le court, moyen et long terme.

Mais nous n’en sommes qu’aux débuts… à suivre…