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Les Différents Systèmes de Drainage des Bacs de Culture Avec Substrat

Pour les systèmes avec substrat, 3 différents systèmes de drainage des bacs de culture sont possibles…

Système simple Remplissage et Drainage/ Flux et Reflux

Système aquaponique avec système de drainage flux et reflux
C’est peut-être bien le meilleur système

L’avantage de ce système est que l’eau est automatiquement drainée complètement dans le bac de culture, ce qui offre une oxygénation maximale aux bactéries présentes dans le substrat et aux racines des plantes.

Système à débit continu:

C’est le même principe que la configuration précédente (Remplissage-Drainage), mais sans programmateur horaire et sans siphon-cloche!

Système aquaponique avec drainage simple

Le niveau de l’eau maximum est défini un peu plus bas dans le bac de culture qu’avec un système flux/reflux, et cela pour permettre au racines d’avoir de l’oxygène.

Dans ce cas d’un système sans siphon, le niveau de l’eau ne bouge pas, la pompe fonctionne en continu, et l’eau s’écoulera en permanence dans un tuyau placé à la hauteur définie sur le trou d’évacuation…

Ce système peut fonctionner mais risque de provoquer des problèmes de pourritures ainsi qu’un manque d’oxygène au niveau des racines, avec des bacs de culture avec de trop grandes zones anaérobiques, ce qui n’est pas désirable.

Ce système à débit continu est donc à éviter autant que possible mais pas impossible! 🙂

Système de drainage avec programmateur:

On peut améliorer un système de drainage sans siphon simplement en utilisant un programmeur de prise électrique, de sorte que la pompe s’arrête et se remette en marche toutes les X minutes.

Ce système peut convenir, il est facile à mettre en place, mais comporte de nombreux risques. Les programmeurs ne sont pas toujours fiables. Et vous risquez d’user prématurément votre pompe avec des arrêts/allumages permanents.

Système CHOP ou NCUP

CHOP est le nom qui a été donné dans les pays anglosaxons pour désigner ce type de configuration…

CHOP = Constant Height One Pump = Niveau Constant Une Pompe
=> On pourrait l’appeler le système NCUP en français! 🙂

L’avantage de cette technique, comme son nom l’indique, c’est qu’elle permet d’avoir un niveau constant dans le bassin des poissons et cela en n’utilisant qu’une seule pompe qui elle, se situera alors dans un autre bassin, un bac réservoir (tampon).

Cette technique est utile pour augmenter le volume d’eau, elle permet aussi d’améliorer le confort des poissons (en empêchant que l’eau monte et descende sans cesse), et la pompe ne pompera pas les déchets des poissons.

Les Différents Systèmes de Drainage des Bacs de Culture Avec SubstratLe plus gros désavantage, c’est qu’il faut un réservoir d’eau supplémentaire, ce sera donc plus coûteux, mais il peut alors être aussi utilisé comme bassin de réserve, ou pour des alevins,  des écrevisses, d’autres poissons ou pour faire de la culture de lentilles d’eau, par exemple, surtout si on veut maximiser l’utilisation de l’espace et du volume d’eau disponibles.

Cette installation demande aussi un peu plus de surface, et il faut que le bassin des poissons soit surélevé: soit en hauteur, soit plus haut en taille par rapport à l’endroit où l’eau doit s’écouler.

Il y a encore plusieurs variantes possibles pour ces différents systèmes de drainage et configurations de systèmes aquaponiques, vous découvrirez tous les petits détails dans nos formations.

Vous pouvez d’ailleurs vous y inscrire gratuitement pour le moment, dans le formulaire ci-dessous:

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Anti-Limaces Naturel ou Comment Supprimer Les Limaces Avec Les Truites en Aquaponie!

Eric nous explique comment profiter de la visite des limaces dans la serre pour nourrir les truites élevées avec l’aquaponie.

Voilà un excellent anti-limaces  naturel et bien utile: les truites et l’aquaponiste qui cueille la nourriture pour elles.

Le bassin n’est pas très rempli vu que nous sommes en pleine saison hivernale, mais elles en veulent encore! Les truites deviennent toujours plus voraces plus elles grandissent…

L’aquaponie va totalement s’intégrer dans votre potager et votre serre avec les lombrics, les limaces, et l’eau remplie de nutriments que vous pouvez aussi utiliser pour arroser toutes vos plantes, en terre ou en pot…

Si vous choisissez des poissons omnivores, comme les carpes, ou les tilapias, vous pourrez aussi les nourrir avec les produits du jardin!

Et puis maintenant, grâce à cet anti-limace naturel, nous allons finir par voir ces gastéropodes d’un très bon oeil finalement! :-))

 

La Technique Sans Substrat NFT (Nutrient Film Technique) avec L’aquaponie

Voici un tour rapide dans cette vidéo en anglais d’un système installé avec la technique sans substrat NFT, appelée aussi « à gouttières ».

Un petit tour des différents éléments du bassin de poisson, via les filtres, les plantes, dans le réservoir, et de retour encore et encore…

La technique NFT sans substrat appelé aussi système « à gouttières » peut être intéressante pour différents cas.

Personnellement, je préfère les méthodes avec le substrat, car elles sont plus simples à entretenir, mais parfois, cette technique de tuyaux percés de trous pour y insérer les plantes est la plus adaptée pour plusieurs raisons…

Les avantages de la technique NFT

  •  L’espace utilisable:

Un tel système peut s’installer à peu près n’importe où, pour créer des cultures verticales, contre les murs par exemple, ou dans les espaces réduits…

  • Pour sa légèreté:

Pour les cultures sur les toits par exemple, la technique sans substrat NFT sera souvent la plus appropriée.

  • Pour son aspect:

C’est un design assez moderne qui peut s’intégrer parfaitement dans des maisons, des vérandas, des façades, sans enlaidir complètement le lieu. Cela peut même avoir un look propre et moderne!

Les inconvénients de la technique NFT

Comme vous pouvez le voir dans la vidéo, avec cette technique à gouttières et l’aquaponie, nous devrons alors insister sur la quantité et la qualité des filtres pour s’assurer de ne pas encrasser les tuyaux, ou du moins le moins possible, ainsi que les racines des plantes qui pourraient s’encrasser et finir par ne plus savoir absorber convenablement les nutriments!

Mais ce n’est pas impossible!
C’est une technique à prendre en compte lors de la planification de vos projets.

On peut associer des bassins avec substrats et des tubes NFT pour combler tous les espaces disponibles verticalement! Cela me donne d’ailleurs encore de nouvelles idées pour maximiser mes espaces…

On ne s’imagine pas la quantité de nourriture qu’on va pouvoir produire avec l’aquaponie dans de tous petits espaces!

Et plus on avance, plus on aperçoit le potentiel gigantesque qu’il y a derrière… à suivre…

D’autres vidéos à propos de la technique NFT ou à gouttières…






Comment Fabriquer Vous-Même Des Lits de Culture Aquaponiques

Ceci est une vidéo « time-lapsed » pour nous montrer monter un lit de culture aquaponique, avec du substrat, ou sans substrat…

Vous pouvez voir qu’il est aussi possible d’auto-construire vos propres bacs de culture avec des matériaux que vous avez à disposition…

Dans l’exemple de cette vidéo, 2 lits de culture sont réalisés:

  • un pour y installer un bac avec substrat (billes d’argile ou gravier)
  • un autre pour un système de table à marée (Deep Water Culture)

Tous les 2 construits avec une structure en métal et des planches de bois, puis avec une bâche étanche pour rendre le bassin hermétique.

D’autres vidéos pour fabriquer vous-même des lits de cultures aquaponiques…


Les principes de base de l’aquaponie

L’aquaponie est le résultat d’une association entre l’aquaculture (élevage de poissons) et l’hydroponie (culture de légumes hors sol).

L’aquaponie permet donc de produire des légumes et du poisson chez soi, c’est assez facile et accessible à tous…

C’est pour cela qu’il est temps de tous nous lancer dans l’auto-production autant que possible, maintenant que nous avons des techniques efficaces en main.

Bien comprendre les principes de base de l’aquaponie vous permettra de mieux préparer votre première installation aquaponique, c’est ce dont nous parlerons dans cet article.

Cycle de l'aquaponie
Cycle de l’azote avec l’aquaponie

Les principaux acteurs d’un système aquaponique, ce sont bien entendu les poissons et les plantes.
Les acteurs secondaires, ce sont les bactéries (indispensables) et les vers de compost (facultatifs mais bénéfiques).

Chacun des acteurs du système a des besoins naturels pour être en bonne santé, et leurs besoins respectifs seront comblés par l’un et l’autre, ce qui entretient une parfaite symbiose entre eux.

C’est un bel exemple de situation « Gagnant-Gagnant« .

Après avoir été nourris, les poissons digèrent leur nourriture, ils produisent des excréments qui sont donc relâchés dans leur eau.

L’eau est alors pompée pour être amenée dans les bacs de culture de plantes.

Cette eau est chargée en ammoniaque provenant des déjections des poissons.

Cet ammoniaque sera alors décomposé dans le substrat (billes d’argile expansé, gravier…) par des bactéries qui le transforment en une forme plus assimilable pour les plantes.

Les plantes utilisent ensuite les nitrates issus de l’ammoniaque ainsi transformé. C’est une forme d’azote qui est utilisée par les plantes et qui est indispensable pour leur croissance.

Vers de terre
Il est intéressant d’ajouter des vers de compost dans les bacs de culture, ils aideront eux aussi à rendre assimilables de nombreux nutriments en faisant passer de nombreux restes de végétaux (feuilles, racines, radicelles,…) à travers leur tube digestif: leurs excréments contiennent des nutriments directement assimilables par les plantes.

L’eau retournera alors nettoyée/filtrée dans le bassin des poissons, et cela dans un cycle fermé permanent.

Si les plantes et les bactéries du substrat ne jouaient pas ce rôle de filtre, les poissons mourraient très vite car l’ammoniac est toxique pour eux.

C’est grâce à l’action de l’oxygène, des bactéries, et des plantes que la survie des poissons est maintenue possible, et vice versa.

On peut donc bien observer cette interdépendance bénéfique qu’entretiennent les poissons et les plantes, ainsi que les bactéries.
L’un sans l’autre, ils mourraient dans un tel système fermé.

Les poissons produisent des déjections. Les vers de terre et bactéries transforment les déjections en nutriments pour les plantes. Les plantes filtrent l’eau qui retourne aux poissons.
Cycle de l’aquaponie

Les poissons apportent la nourriture aux plantes qui elles, nettoient l’eau du système …
La nourriture est rendue disponible et assimilable pour les plantes grâce aux bactéries présentes dans le substrat.

C’est le merveilleux cycle de l’aquaponie.

Tout ce que vous avez à faire en tant qu’aquaponiste, c’est de nourrir les poissons, bien oxygéner l’eau, contrôler de temps en temps la qualité de l’eau, pour vérifier l’acidité (Ph) ainsi que la concentration en nitrites (toxiques pour les poissons) et en nitrates (sans danger pour les poissons jusqu’à un certain niveau de concentration).

Nous rentrerons beaucoup plus dans les détails lors de la formation concernant l’entretien d’un système aquaponique.

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Les plantes à cultiver dans une installation aquaponique

Il y a déjà des centaines de plantes qui ont été testées avec succès dans des installations aquaponiques à travers le monde.

Plantes en aquaponieBien entendu, le type de plantes que vous pourrez cultiver chez vous sera toujours déterminé par votre climat, mais en gros, à peu près tout ce qui pousse dans les potagers de votre région devrait pouvoir pousser correctement dans votre installation aquaponique.

Ce sont souvent les légumes racines qui sont les plus difficiles à cultiver dans ce genre de système, mais ce n’est pas impossible, j’ai moi-même des céléris-raves encore en train de grossir dans un de mes bacs…

Ce qu’il y a de plus fou, c’est que les plantes des systèmes aquaponiques se portent à merveille, principalement avec les nutriments apportés directement aux racines grâce aux poissons, et en plus, elles poussent même au moins 2 fois plus vite que dans un jardin en pleine terre!

Les plantes poussent mieux dans un système aquaponique simplement parce qu’elles ont toute l’eau dont elles ont besoin ainsi que tout l’oxygène nécessaire, bien plus qu’en pleine terre!

Les plantes les plus couramment cultivées avec l’aquaponie (de manière commerciale) sont les légumes à feuilles vertes dits « légumes-feuilles » (salades diverses, mâche, épinards, poireaux, bettes, …) et les herbes telles que persil, basilic, ciboulette, etc.

La première année, c’est préférable de rester avec ces légumes verts uniquement, parce que le substrat ne contient pas encore une assez grande diversité de nutriments, mais dès la deuxième année, on peut envisager de planter des légumes plus gourmands et/ou plus demandeurs.

Le climat, comme je l’ai déjà dit plus haut, c’est un facteur déterminant pour choisir les plantes à cultiver en aquaponie.
Cela dépend aussi de la situation (à l’extérieur, dans une serre?), et de l’ensoleillement, tout comme pour du jardinage traditionnel.

L’important est d’essayer. Vous pourrez observer ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas chez vous. Ce qui est certain, c’est que vous allez (enfin!?) réussir à produire quelque chose, et cela après quelques semaines seulement!

Concombre aquaponiqueDans un climat comme en Belgique ou en France, ce qui fonctionne bien, c’est les concombres (en serre), les tomates (en serre), les salades, la mâche, le céléri, les piments (serre), les fraises, les oignons, les différents choux, les haricots, le persil, le basilic (en serre), les menthes, le cresson, la coriandre, la sauge,…

Je pense pouvoir confirmer que tous les légumes annuels qui se plantent dans le jardin doivent être cultivables dans un système aquaponique.

En Australie, j’ai même vu des images d’un arbre qui avait été installé dans un bac de culture mature de plusieurs années, assez profond, ou encore un bananier dans une serre chauffée aux USA.
Cela ne devrait de toute façon rester que des essais à titre expérimental.

Pour commencer, profitons des grands avantages de l’aquaponie pour simplement produire les légumes habituels des potagers dans nos régions, et nous nous garantirons de nombreuses et abondantes réussites.

Vous pouvez utiliser les bonnes associations entre les plantes, comme dans un potager, idem dans les bacs de culture aquaponiques.

Le poireau aime le fraisier, la bette aime les céléris et les haricots, le basilic apprécierait le voisinage du fenouil…etc…tout cela est à expérimenter…

Par contre, pas besoin de rotations de cultures dans un système aquaponique, vu qu’il est en permanence drainé et fertilisé par les poissons.

Les plantes à cultiver dans une installation aquaponique sont donc celles que vous trouverez généralement dans les jardins de vos régions, certaines règles de jardinage restent également d’actualité, comme nous venons de le voir avec les associations bénéfiques entre plantes.

Vous pouvez poster ici vos questions, commentaires, ainsi que vos propres expériences ratées ou réussies si vous avez déjà eu la chance d’expérimenter l’aquaponie chez vous!

Un exemple concret d’aquaponie

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Exemple concrèt de réalisation d’un système aquaponique.

Voici la première vidéo que j’ai pu réaliser de mon propre système déjà installé et fonctionnel. Il s’agit d’un prototype, qui a été conçu avec les moyens du bord à cette époque.

Un exemple concret d’aquaponie, comme vous pourriez déjà en commencer chez un chez vous, presque similaire. Vous pouvez même faire mieux, car vous allez profiter de nos expériences, essais et erreurs et grâce à cela, gagner beaucoup de temps et d’efficacité.

Avec l’aide que vous pourrez trouver ici sur Aquaponie-Pratique.com, vous aurez directement une longueur d’avance pour mettre en place votre premier système vraiment productif.

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Les bassins pour l’aquaponie

Dans la vidéo, vous pouvez voir que j’ai utilisé une de ces grandes cuves de 1m³ en polyéthylène (PE) que j’ai coupée en 2 morceaux. Il y a bien entendu d’autres configurations possibles.

Dans ma serre, l’espace est restreint, mais vous pouvez prévoir jusqu’à 3 ou 4 bacs de culture de plantes de 1m² (200-250L) pour chaque bassin de poisson de 1000L.

Au niveau esthétique par exemple aussi, il est possible de faire mieux…

Vous pouvez soit trouver des bassins en polyester armé fibre de verre (assez onéreux), ou des bassins en polyéthylène (PE) avec un look (forme, couleur, …) qui vous plaît (difficile à trouver), ou alors simplement des cuves IBC de 1000L neuves ou d’occasion, mais que vous pouvez alors décorer avec un style de natte de bambous/roseaux pour faire joli, ou encore une petite structure en bois.

La nourriture des poissons en aquaponie

Dans cette vidéo, vous me voyez aussi chasser les insectes et les vers 

Je vous rassure, ce n’est pas obligatoire. Il existe des granulés de qualité que vous pouvez simplement donner aux poissons tous les jours, il est même possible d’automatiser cela.

Et si vous êtes vraiment motivé(e), vous pourrez tout de même leur donner des vers de votre lombricompost, la nourriture vivante est bien entendu l’idéal pour nos poissons, c’est ce qu’ils préfèrent.

Mais vous pouvez aussi choisir des poissons herbivores (tanches, carpes …) qui seront beaucoup plus faciles à nourrir avec ce qui pousse dans votre jardin.

Les poissons en aquaponie

En aquaponie, nous ne pouvons élever que des poissons d’eau douce.

Quand on débute, on peut faire des erreurs. C’est pour cela que je conseille souvent de plutôt commencer par des poissons plus tolérants comme des carpes, ou des poissons rouges par exemple, ou simplement des petits carassins trouvés dans un étang, pourquoi pas.

Ensuite, une fois que vous serez bien rôdé, vous prendrez peut-être des poissons meilleurs à manger, comme dans la vidéo avec des truites.

Il est également possible d’élever des écrevisses. J’en ai une avec les truites. 🙂 Elle se cache en permanence mais la cohabitation est donc possible.

Pour les végétariens, soit vous gardez de magnifiques poissons rouges qui grandiront heureux, soit vous faites de l’élevage de carpes pour échanger avec des passionnés de poissons d’étangs.

La viabilité économique d’un système aquaponique commercial

C’est un sujet qui me tient à coeur car c’est un grand débat personnel depuis longtemps.

Ai-je vraiment envie de devenir un maraîcher « bio » à temps plein?

Que ce soit avec l’aquaponie, ou du maraîchage, les mêmes difficultés font surface pour développer une entreprise rentable.

Peut-être que vous aussi, vous vous êtes déjà demandé si cela pouvait devenir un métier d’avenir… Oui, c’est peut-être possible, mais cela dépend comment…

Dans la théorie, oui, j’aimerais bien pouvoir offrir ce service, mais il faut aussi prendre en compte toutes les contraintes et complications potentielles liées à ce type d’activité avant de se lancer.

Un système aquaponique commercial serait-il viable économiquement?

Dans cet article, j’ai mis tous les arguments qui me paraissent importants, comme si je réfléchissais pour mon propre projet éventuel de me lancer dans une installation aquaponique commerciale.

N’étant pas du métier particulièrement, ou fils de producteur, ni aucune formation spécialisée en maraîchage, je ne suis pas non plus certain d’avoir toutes les cordes nécessaires à mon arc pour réussir à en faire une activité rentable, surtout quand on voit les prix offerts aux producteurs en général!

Nous allons voir ensemble quelques faits qu’il faut prendre en compte avant de s’investir dans une carrière aquaponique…

La niche de marché doit être locale!

Vu les coûts de transports, il est impératif de pouvoir trouver un marché local pour écouler ses produits.
Or, même sur le marché local, la compétition est rude.

Les petits producteurs locaux se retrouvent souvent face à de gros producteurs, qui arrivent à produire beaucoup en vendant pas cher, pas assez cher pour qu’un petit producteur gagne vraiment sa vie! Et l’argument le plus fort dans ce domaine, c’est souvent le prix! 🙁

Même si vous ajoutez l’argument de valeur que ce sont des produits naturels, durables et locaux, il faudra convaincre les consommateurs de payer le prix, peut-être légèrement supérieur aux produits du marché conventionnel.

Il faut donc chercher à savoir si le consommateur final sera prêt à consacrer un peu plus de budget pour nos produits d’une qualité supérieure.

Et si on trouve un public d’acheteurs potentiels locaux intéressés par nos produits, encore faut-il savoir combien!
Y aura-t-il assez de tels consommateurs locaux pour que notre business soit rentable?

Et si on veut vendre plus que ce qu’il est possible d’écouler sur le marché local (qui est forcément limité), il faudra alors produire beaucoup plus et vendre beaucoup moins cher, ce qui devient plus risqué au niveau rentabilité et coûts d’investissements.

Si nous désirons vendre à plus grande échelle, cela peut paraître plus simple vu qu’on ne vendra nos récoltes qu’aux distributeurs, mais alors ces multiples distributeurs intermédiaires (entre le producteur et le client final) prendront forcément une plus grosse partie de vos bénéfices.

L’idéal serait donc de se concentrer sur le développement de réseaux locaux de distribution directe, à des consommateurs conscientisés…

Un système aquaponique commercial financé par une sorte d’AMAP

Il est possible d’écouler ses produits à travers des vendeurs ambulants (marchés) de produits bio/locaux, ou encore via les Groupes d’Achats Communs (GAC) ou AMAP (voir plus bas).

Si on peut s’arranger avec de tels groupements citoyens, directement du producteur au consommateur, cela peut également s’avérer intéressant.

Une autre solution consisterait en un réseau comme les AMAP en France (= Associations pour le Maintien de l’Agriculture Paysanne) ou les Groupes d’achats solidaires de l’agriculture paysanne en Belgique (GASAP.be)!

Cela consisterait donc à créer un groupe de consommateurs solidaires à l’année, qui, suivant leur participation, obtiendraient des parts de la récolte qu’ils pourraient recevoir chaque semaine, suivant la production, végétaux et poissons compris.
Les consommateurs d’un tel réseau de solidarité pourraient aussi exprimer leurs besoins et leurs préférences avant de planifier chaque année de plantations.

Et la niche des restaurants pour vendre les produits issus de l’aquaponie?

Niche des restaurants pour les produits aquaponiquesEn effet, les cuisiniers encore soucieux de la qualité de leurs produits sont intéressés par des produits frais.
Ils aiment l’idée que leurs produits ont été faits rien que pour eux, d’une certaine manière, et ils peuvent s’en vanter au client.

Salades diverses, herbes et aromatiques, connues ou plus originales, et d’une fraîcheur inégalable, fraîchement coupées quelques heures seulement avant de finir dans l’assiette du client…
Ce sont des arguments qu’ils aiment bien. L’argument « local » est un plus qu’ils peuvent ajouter dans l' »histoire » qu’ils raconteront à leurs clients concernant l’origine des produits dans l’assiette.

Il est donc possible de trouver un certain nombre de restaurateurs intéressés par vos produits car conscients de leur valeur, mais encore faut-il arriver à les servir régulièrement, et ce avec assez de quantités, tout en restant bien entendu dans des zones de prix raisonnables, sinon ils retourneront vite à leurs fournisseurs habituels parce que plus réguliers et plus fiables, et peut-être moins chers aussi!

On pourrait aussi envisager de s’adapter complètement aux besoins d’un ou plusieurs restaurateurs et ne produire que pour eux, si une proche collaboration était possible.

La production de poisson aquaponique peut-elle donc être rentable?

Comme on peut le voir, comme tout type de maraîchage, la rentabilité par rapport à l’investissement de départ n’est pas garantie d’avance, ou en tous les cas, pas forcément et pas n’importe comment!
C’est possible, mais il faut certainement bien s’y prendre…

Tout d’abord, il faut trouver un type de poisson qui se vendra bien car apprécié culinairement.
Le poisson en aquaponiePlus communément dans nos climats du nord de l’Europe, ce sera de la truite.

La truite est tout d’abord un poisson qui demande des conditions optimales, donc le système doit être parfaitement équilibré.

En plus, de l’alevin à la truite de minimum 25 cm prête à être consommée, cela peut prendre 2 ans, peut-être plus, suivant les conditions.
On peut bien entendu acheter de la truitelle en pisciculture et ainsi déjà gagner du temps avant la récolte, mais ce ne sera plus totalement « bio », à moins de trouver une pisciculture biologique près de chez vous!

Aquaponie et carpes KoïOn peut revendre de grosses carpes koï, assez simple pour l’élevage, mais en grosses quantités, ce n’est certainement pas facile à vendre.

On peut aussi imaginer d’élever du poisson plus rare comme du tilapia, ou des perches du Nil, ou autre poisson exotique, mais cela devient alors difficile d’avoir un retour sur l’investissement nécessaire pour maintenir l’eau à bonne température dans les climats tempérés froids.

En plus, les prix du marché sont souvent vus à la baisse pour les producteurs…à moins de vendre vos poissons avec leur histoire « locale« , dans des circuits très courts, directement à des consommateurs ou à des restaurateurs.

Un autre facteur important est de savoir comment vendre le poisson.

Vidé, emballé? Pas vidé dans la glace? Vivant?

Pour pouvoir transformer le poisson en produit « consommable », il y a de nombreuses normes à respecter. Il faut par exemple un local hygiènisé et contrôlé… (=> Se renseigner auprès des organismes officiels concernés dans votre pays).

Ou alors, vendre les poissons vivants serait peut-être le plus simple…directement aux particuliers ou alors aux restaurants.
Les restaurants pourraient attraper leurs truites dans un grand aquarium juste avant de les cuisiner, devant les clients! Pourquoi pas?

Produire des légumes « hors saison »

Il y a un gros marché pour les végétaux produits à des saisons décalées.

Le marché local est souvent saturé en pleine saison: tellement saturé qu’il devient parfois difficile de vendre ses produits à un prix décent… puis quand la saison est passée, il n’y a plus rien provenant du marché local, tout est alors importé et à des prix très élevés pour le consommateur final.

Si la conception de votre lieu de production aquaponique commercial est bien conçu énergétiquement (serre bio-climatique, isolation, inertie, puits canadien…) et que vous pouvez vous permettre de chauffer à moindre coût pour maintenir une production, même pendant tout l’hiver, cela peut devenir intéressant.

Des fraises belges de qualité « Bio » au mois de décembre, cela peut bien se vendre sur le marché local, même si ce sont des habitudes qui devraient être petit abandonnées, mais il s’agit ici d’un exemple, mais j’aurais très bien pu prendre les tomates en début d’hiver, ou les laitues en plein été.

Les fausses idées qui pourraient nuire à la vente de produits issus de l’aquaponie

Nombreuses sont les personnes qui cherchent des produits de qualité biologique, mais sont-ils tous prêts à manger nos produits issus de l’aquaponie, cultivés hors-sol?

Un sérieux coup de marketing sera nécessaire pour faire oublier cette fâcheuse habitude, pour le néophyte, de croire que l’aquaponie est identique à de l’hydroponie, qui, en plus d’être chimique et polluante, est une méthode de culture qui ne produit que des légumes insipides.

Ou alors, d’autres personnes se demandent si nos légumes n’auraient pas un goût de poisson!? Idée erronée, tout comme avec le fumier sur les terres agricoles, les légumes ne goûteront pas les excréments.

Une commerçante en légumes « Bio » m’a déjà dit que le fait que les légumes n’étaient pas cultivés en terre ne la rassurait pas. Cela lui semble très anti-naturel au premier abord.

Il faudrait donc s’atteler à informer le public pour faire oublier ces fausses idées pré-conçues, et leur faire prendre conscience des nombreux avantages de l’aquaponie.
(Voir également l’article à propos de la qualité nutritionnelle des produits issus de l’aquaponie).

Le problème des certifications et autres complications administratives:

Tout d’abord, il y a le problème de la certification « Bio » ou pas…

Actuellement, dans le système actuel, ce sont les producteurs respectueux de l’environnement (et de la nature en général) qui doivent payer pour obtenir les certifications « Bio » suivant les chartes des différents organismes concernés.

Logiquement, dans un monde où on voudrait promouvoir la production « durable » de nourriture saine pour nourrir les populations à moindre coût, ce sont les producteurs conventionnels qui devraient payer des taxes supplémentaires pour compenser et rembourser les dommages causés à l’environnement par leurs activités polluantes et destructrices, appelées justement des « exploitations« .

Il en est autrement aujourd’hui. Cela peut changer un jour…

certificats, autorisations, contrôles...Donc actuellement, les coûts nécessaires pour obtenir la certification « Bio » risquent bien d’empêcher complètement une petite exploitation aquaponique commerciale d’être viable économiquement!
Pourtant, si ces produits biologiques issus de l’aquaponie étaient reconnus « Bio« , cela augmenterait directement leur valeur marchande!

En plus, il semble qu’En Europe, si la plante a poussé avec une méthode hors sol, même aquaponique, il ne sera pas possible de la certifier « BIO » avec le label.

Et pour être certain d’être « Bio » avec l’aquaponie, il faut simplement veiller à nourrir les poissons avec des aliments certifiés biologiques, garantis sans OGM, et cela ne coûte pas forcément beaucoup plus cher en coûts de production.

Et si nous tentons de vendre nos produits de qualité « Bio » mais sans la certification officielle, nos super-produits peuvent être mis sur le même pied que de vulgaires légumes empoisonnés et malades, cultivés au bord d’une autoroute en Espagne, cultivés par des esclaves modernes, et rapatriés grâce au pétrole encore pas trop cher actuellement! Ce n’est pas juste.

Heureusement, il y a fort à parier que la montée du prix du pétrole donnera raison aux méthodes raisonnables.

Et ce sera le défi des nouveaux producteurs aquaponiques, mettre en valeur leurs produits aux yeux de leur public local!

Il faudra aussi se renseigner concernant les normes sanitaires à respecter pour pouvoir vendre des produits alimentaires que ce soit des légumes ou des poissons.

Un avantage à connaître, c’est que les poissons (à sang froid) ne véhiculent pas les pathogènes trouvés dans les animaux à sang chaud comme la bactérie E.coli et la salmonelle.

Ne pas se lancer trop vite dans un système commercial

Il est fortement conseillé de d’abord pratiquer pendant au moins une année entière, voire plus, avant de s’embarquer dans une installation aquaponique commerciale.
Un certain temps d’adaptation et de formation par l’expérience est nécessaire.

Il est préférable de commencer petit et d’agrandir ensuite, si tout va bien.

Quand on est débutant, il est toujours possible de faire des erreurs, et de perdre toute une récolte, ou toute une quantité de poissons. C’est donc plus sécurisant de se lancer en ayant déjà vécu les essais/erreurs indispensables à l’apprentissage.

Suivre une formation de maraîchage professionnel pourra aussi vous aider si vous n’êtes pas déjà du métier!

Conclusion:

La concurrence et le marché seront donc rudes, à moins de s’y prendre intelligemment et prudemment!

Avant de se lancer, il faudra donc idéalement réaliser une étude de marché sérieuse au niveau local, et tenter de comprendre et de répondre aux besoins particuliers du marché, en visant la variété, tout en veillant à rester rentable, tout en rentabilisant les frais d’investissements de départ!

Cependant, je crois toujours un peu plus dans le développement de systèmes d’auto-productions locales autour des habitations familiales et les collectivités;

Des familles s’amusent à produire leur nourriture facilement, et font de grosses économies sur leurs courses alimentaires habituelles. C’est le cas en Australie. Nous verrons si le même phénomène se produit en francophonie!

Dans cet article, j’ai tenté de réfléchir objectivement avec vous sur ce sujet brûlant de.
Peut-être ai-je oublié un ou plusieurs élements importants!
A vous de me le dire via les commentaires.

Et à nous tous d’expérimenter toutes les applications de l’aquaponie petit à petit. Avis aux personnes motivées par des projets innovants et dans une logique durable.

Ce seront certainement les pionniers de ces méthodes de production qui pourront, après de nombreux essais et erreurs, éventuellement se lancer. Certains pourront alors donner des pistes et des conseils encore plus pointus et précis pour savoir comment bien démarrer un système aquaponique commercial viable économiquement, sur le court, moyen et long terme.

Mais nous n’en sommes qu’aux débuts… à suivre…